Il incarne une carrière « à l’ancienne », rentrant tout jeune à la chaîne pour visser des boulons avant de partir à la retraite, 41 ans plus tard, en formant des ingénieurs. Fouad Taleb connaît l’usine Claas du Mans comme sa poche. Aujourd’hui, il y guide le public, nombreux en cette année faste pour le site, qui accueille notamment la production des derniers fleurons du constructeur allemand, l’Arion 6 Cmatic (à partir de mai) et, depuis février, le tracteur de l'année et star d'Agritechnica, l’Axion 9 Cmatic . C’est parti pour une visite exceptionnelle, riche en photos, où le tractoriste n’a rien caché !
L’usine, qui appartenait à Renault, a été reprise par Claas en 2003. Le constructeur allemand y a depuis investi plus de 80 millions d’euros, s’inspirant de pointure comme Dassault, Amazon et même la Nasa. Un bâtiment de 3 600 m² est actuellement en construction. (© Terre-net Média) Les tuyaux sont les seuls composants manufacturés directement sur place à l’usine. Leur pliage est une science : il en existe plus de 1 200 références ! (© Terre-net Média) Le timing est crucial : la production est à flux tiré. « À chaque instant, il n’y a par exemple qu’un pont avant d’avance », raconte Fouad Taleb. Chaque tracteur reste 9 minutes à un poste avant d'avancer. (© Terre-net Média) Chaque tracteur en construction est doté d’une puce RFID. « On peut les localiser à 3 cm près. À chaque poste, elle envoie des informations aux suivants pour qu’ils se préparent », explique Fouad Taleb. (© Terre-net Média) « L’usine a une excellente réputation. Nous avons des intérimaires qui reviennent depuis plus de 15 ans. On embauche aussi des jeunes dont les parents ont travaillé ici », souligne Victorien Schreiber, responsable du département tracteurs pour Claas France. Un exemple : aucun meuble ne dépasse 1,50 mètres. L’horizon n’est jamais bouché, la lumière circule, les bruits sont tamisés. (© Terre-net Média) Le convoyeur aérien est prévu pour des charges extrêmes : une poutre peut peser jusqu'à 8 t. (© Terre-net Média) L’usine emploie 850 personnes, dont 18 % de femmes et 30 à 40 % d’intérimaires.15 jours de formation sont nécessaires pour un opérateur sur ligne, un peu plus pour l’hydraulique et la connectique. « Les postes ne sont pas quittés tant que le dernier tracteur n’est pas fini », avance Fouad Taleb. (© Terre-net Média) Après avoir été dégraissées, lavées, immergées dans trois bains successifs, les poutres sont égouttées, soufflées puis séchées. Elles sont presque prêtes pour la mise en peinture. (© Terre-net Média) Dernière étape : le marouflage, qui consiste à protéger, par exemple par des bouchons, toutes les parties qui ne doivent pas être peintes. (© Terre-net Média) Les robots peignent le bas, un humain le dessus. Tout n’est donc pas automatisé : en cas de panne des machines, le peintre peut s’occuper la poutre en entier, évitant le blocage de toute la chaîne. Entre 3 et 6 kilos de peinture sont nécessaires par poutre. Après un repos de 10 minutes pour évacuer les solvants, la peinture est cuite pendant 45 minutes à 80 degrés. (© Terre-net Média) Retirer les caches du marouflage n’est pas un poste anodin. C’est une tâche qui réclame une grande attention et beaucoup de concentration. (© Terre-net Média) Entre 50 et 60 mètre de tuyaux sont nécessaires pour l'hydraulique de chaque tracteur. (© Terre-net Média) Des panneaux, disséminées dans l'usine, indiquent la cadence et l'objectif à réaliser. Ils affichent aussi les alertes des opérateurs, qui préviennent leur responsable en cas de blocage à leur poste, un peu comme on appelle une infirmière à l'hôpital. (© Terre-net Média) « Les réservoirs et tous les plastiques vont progressivement passer au gris au lieu du noir. Le gris offre notamment une meilleure résistance aux UV », annonce Victorien Schreiber. (© Terre-net Média) Un système de LED guide les opérateurs au poste de remplissage des fluides. Il s’agit de ne pas se tromper, les normes varient selon les pays. « On ne met pas les mêmes produits pour la Norvège que pour l’Afrique du Sud », résume Victorien Schreiber. (© Terre-net Média) Il faut 17 heures pour construire l'ossature d'un tracteur. Il en faut autant pour les finitions. (© Terre-net Média) Les roues et les jantes sont assemblées sur un autre site distant de quelques kilomètres et livrées chaque jour à l'usine. (© Terre-net Média) Les cabines sont livrées nues par plusieurs fournisseurs. Il faut 650 minutes (un jour et demi) pour les habiller. Le service a été renforcé : leur complexité et la variété des options ne cessent de grandir. (© Terre-net Média) Le siège n'est pas pris à la légère. C'est ici qu'un agriculteur passera des milliers d'heures. Il peut aujourd'hui être massant, chauffant, ventilé, en cuir... Le confort prime. (© Terre-net Média) Les toits ne sont plus simplement le couvercle de la cabine. Ils sont un organe technologique à part entière et l'objet d'un assemblage minutieux. (© Terre-net Média) Banc de roulage, réglage de la hauteur des feux, détection des fuites... Tous les tracteurs sont soumis à une batterie de tests. (© Terre-net Média) Un dernier atelier permet la pose des accessoires les plus lourds, comme les masses ou les relevages avant. Les tracteurs passent ensuite dans une cabine lumineuse pour détecter les éventuels défauts (300 points de contrôles sont référencés) avant de partir rejoindre leur destination ! (© Terre-net Média) À découvrir, nos précédents reportages sur le machinisme made in France Novag, le penseur du seis direct, replante ses racines en France Visite chez Actisol, le constructeur pionnier qui prend soin de la terre Colaert Essieux, l’entreprise du Nord où le cœur parle italien Au cœur de l’usine Duro, un spécialiste qui a le vent en poupe Arland, le Petit Poucet de la pulvérisation qui se frotte aux géants Pouchain, un « artisan » qui construit des machines de 26 tonnes sur mesure Laforge, partenaire historique de John Deere, s’est façonné un nom Chez Manitou Group à Ancenis, l’affaire de famille qui a conquis le monde Chez Grégoire Besson, la charrue trace les sillons et l’histoire Dans l’usine de Religieux Frères, les fidèles du travail du sol Au cœur de La Campagne, la benne agricole qui porte bien son nom Plongée au cœur de l’usine Kverneland de Vendée, qui raconte 75 ans d’industrie
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