La FCO a perturbé la reproduction des vaches laitières, entraînant une baisse des inséminations fécondantes. L’Idele anticipe un recul des naissances en mars-avril, suivi d’un rebond en mai-juin. Cette saisonnalité inédite pourrait peser sur les marchés, alors que les prix des veaux laitiers atteignent des records en ce début d’année.
« Le passage de la FCO-3 dans les grands bassins laitiers à l’été 2025 a compliqué la reproduction des vaches laitières », soulignent les dernières Tendances de l’Idele, qui annoncent « des remous à venir sur les naissances ».
La maladie engendre de fait « des avortements et des infertilités transitoires chez les vaches », rappelle l’agroéconomiste Maximin Bonnet. Cela s’est traduit dans les indicateurs de fertilité des femelles laitières.
Le TNR18-90j (pourcentage de vaches qui n’ont pas été réinséminées entre 18 et 90 jours après une IA, car supposées gestantes) a ainsi atteint son minimum en dix ans : 53,8 % en juillet et 52,1 % en août, avec une baisse très marquée dans la Manche et l’Ille-et-Vilaine.
Si bien que le nombre d’IA dernières (IA qui n’ont pas besoin d’être suivies par une nouvelle IA dans les 90 jours, car fécondantes) a lui aussi reculé : il a chuté de 15 % en juin 2025 par rapport à juin 2024 et de 10 % en juillet, avant un « rattrapage important » à l’automne : + 23 % en août puis en septembre.
Ces variations du nombre d’IA dernières devraient se répercuter sur les naissances neuf mois plus tard. L’Idele prévoit un recul des naissances de veaux laitiers en mars et avril 2026 puis un redressement sur mai-juin, période à laquelle les naissances sont habituellement faibles : « un tel surplus des naissances ne manquera pas d’avoir des implications sur les marchés des veaux laitiers », commente Maximin Bonnet. En clair : on peut s’attendre à une baisse des prix à l’approche de l’été.
D’après un sondage publié sur Web-agri entre le 24 février et le 4 mars, 36 % des répondants constatent un décalage important des vêlages sur cette campagne à cause de la FCO et 34 % évoquent de légers décalages.
Pour l’heure, « les cours des veaux laitiers survolent leurs cours historiques à un niveau inédit », notent les Tendances. Les veaux mâles de type lait de 45-50 kg s’échangeaient à 249 €/tête en semaine 7 (du 9 au 15 février), soit 89 € de plus qu’en 2025 et 181 € de plus qu’en 2024 à la même période.
En cause : la réduction de l’offre liée à la FCO ces derniers mois, associée à une demande soutenue aussi bien en France qu’à l’export, notamment vers l’Espagne, « destination de 90 % des veaux laitiers français exportés ».
En 2025, 3 036 000 veaux sont nés de mère laitière, soit un retrait de 2,2 % par rapport à 2024 (70 000 de naissances en moins). Freinées par la fermeture des exports de bovins vifs en octobre, les exportations ont enregistré un recul de 10 % sur douze mois. En décembre, la France a exporté 30 000 veaux laitiers : 15 % de moins qu’en décembre 2024 mais 7 % de plus qu’en décembre 2023.
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