Les excédents de collecte coûtent actuellement 15 €/1 000 litres, indique Eurial (2,12 miliards de litres). La coopérative a stoppé une part de la production d’ingrédients pour les sécher et a également recours au marché Spot. « Le coût serait sans doute plus élevé si Eurial n’incitait pas ses adhérents à ralentir », assure Pascal Le Brun, son président. Depuis le mois d’octobre, Eurial utilise le levier des attributions de fin de campagne. D’une part, elle abaisse le pourcentage de volume accordé : + 3 % , contre + 5 % jusque-là. D’autre part, elle amplifie la pénalisation des volumes de dépassement. Entre + 3 % et + 5 %, le prix de base sera minoré de 100 €. Au-delà de + 5 %, il le sera de 400 € et cette minoration sera appliquée dès le dépassement des + 3 %. L’objectif est d’éviter un prix de base sous les 400 €.
La coopérative voisine, Maîtres laitiers du Cotentin (477 Ml), fait face à une hausse de collecte de 5 %. Elle actionne également le levier des attributions de fin de campagne, mais à partir du 1er avril pour la campagne 2026-2027. Le prix de base sera pénalisé dès 5 % de dépassement. « Pour 2025-2026, nous maintenons ce qui a été annoncé en début de campagne », annonce Valérie Blandin, sa présidente.
Les excédents écoulés au prix du Spot
Dans le Nord, Laitnaa rappelle que les excédents de lait livré sont encore écoulés sur le marché Spot au prix de 150 €. La coopérative de collecte (230 Ml) fait face à un afflux de lait très supérieur à ses prévisions. Il faut dire que sa zone de collecte a été la première touchée par la FCO. La maladie a entraîné un report des vêlages qui a décalé son habituel pic de collecte du printemps vers l’automne.
Dès le mois d’octobre, Laitnaa a donc incité les producteurs à ne pas dépasser leurs engagements contractuels. Mais, boostés par des fourrages de qualité, plusieurs centaines de milliers de litres ont été commercialisées sur le Spot. Une situation qui dégrade le prix du lait, en baisse de 17 € en janvier. Laitnaa a donc décidé que le lait d’excédent serait rémunéré 150 € en février et mars, c’est-à-dire tous les volumes livrés au-delà de la référence historique sur les mois concernés.
Préserver sa stratégie d’accompagnement
La Prospérité fermière (410 Ml) a quant à elle fixé le prix du lait de dépassement à 100 €. Elle peut s’appuyer sur son outil industriel pour sécher des excédents et ses adhérents ont la possibilité de souscrire du volume B optionnel. Mais le montant de ce dernier a été fixé à 240 €, « c’est-à-dire au niveau de valorisation de la poudre, pour ne pas pénaliser le collectif », souligne Serge Capron, son président. Hors volume B, ces mesures doivent permettre de maintenir un prix du lait de 416 €.
Selon l’évolution du marché, la Prospérité fermière prévoit la possibilité de souscrire du volume B en cours d’année à un prix réévalué.
Pour ces coopératives, il n’est en effet pas question de remettre en cause à long terme la stratégie d’accompagnement des producteurs : « Le renouvellement des générations reste un enjeu. Si nous ne l’avions pas menée, nous manquerions de lait aujourd’hui », rappelle Valérie Blandin.
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