La guerre au Moyen-Orient tend les prix des engrais azotés en Europe

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30 à 40 % des flux mondiaux d'engrais azotés transitent par le détroit d'Ormuz, actuellement paralysé.
30 à 40 % des flux mondiaux d'engrais azotés transitent par le détroit d'Ormuz, actuellement paralysé. (©Eugene, AdobeStock)

L’escalade militaire au Moyen-Orient menace l’approvisionnement européen en gaz naturel et en engrais azotés et accentue la pression haussière sur les prix.

« La flambée du gaz européen et les tensions au détroit d'Ormuz ravivent un risque haussier marqué sur les engrais azotés en Europe », alerte l’analyste Nicolas Pinchon dans sa note hebdomadaire publiée sur Terre-net.

De fait, l’escalade du conflit au Moyen-Orient attise les tensions sur le gaz. À la suite d’une attaque de drones iraniens, QatarEnergy, qui représente environ 15 % des approvisionnements mondiaux de gaz naturel liquéfié (GNL), a annoncé le 2 mars l’arrêt de sa production.

Conséquence : le prix du gaz européen a flambé de près de 50 % dans la foulée. Mardi 3 mars à 16h30, le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, avait encore grimpé et dépassait 55 €/MWh, un record depuis février 2025.

Or, le gaz naturel représente la majeure partie du coût de production de l’ammoniac, base de fabrication des engrais azotés. Si bien que « toute hausse brutale et durable des coûts énergétiques se diffuse mécaniquement dans les prix de revient industriels », rappelle l’analyste.

Autre source de tension : la fermeture du détroit d’Ormuz, voie névralgique du commerce mondial reliant le golfe Persique à l’océan Indien.

En représailles aux frappes américaines du 27 février, les Gardiens de la Révolution iraniens ont menacé de brûler les navires qui emprunteraient ce corridor maritime, par lequel transitent 20 % du pétrole et du GNL mondiaux et 30 à 40 % des engrais azotés finis. Son blocage amplifie les inquiétudes sur les approvisionnements.

Le timing apparaît particulièrement défavorable pour les agriculteurs européens : Nicolas Pinchon souligne l’offre déjà restreinte, marquée par le recul des importations d’engrais au mois de janvier, notamment en raison de la mise en place du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF).

En parallèle, « la demande redémarre avec des conditions climatiques favorables aux premiers apports », ce qui oriente logiquement les cours à la hausse. « À court terme, sauf détente géopolitique, la pression haussière pourrait s'installer durablement », estime l’expert.

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