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Prix du laitLe prix moyen du lait en UE est tout près du cap des 500 €/1 000 l

Tandis que les charges en élevage laitier flambent ces derniers mois, la hausse du prix du lait en France est jugée insuffisante (©AdobeStock)
Tandis que les charges en élevage laitier flambent ces derniers mois, la hausse du prix du lait en France est jugée insuffisante (©AdobeStock)

En hausse continue depuis janvier 2021, le prix moyen du lait dans l’Union européenne approchait les 500 €/1 000 litres en juin et les a probablement dépassés en juillet. La France est loin derrière cette moyenne, ce qui provoque la colère des éleveurs laitiers.

Le 5 août, l’Observatoire des marchés du lait de la Commission européenne constatait une nouvelle augmentation du prix moyen du lait payé au producteur en juin 2022 au sein de l’UE : 494 €/1 000 l, soit une hausse de 3 % par rapport à mai 2022, et de 38,2 % sur un an.

La hausse est particulièrement marquée sur un an en Irlande, aux Pays-Bas, en Pologne (plus de 48 %), et en Allemagne (43,8 %) ; elle n’atteint en France que 19,7 %.

D’après les premières estimations de la Commission, le prix moyen du lait dans l'UE atteignait même 503 €/1 000 l au mois de juillet.

C’est bien au-dessus du prix moyen évalué pour la France : 456 €/1 000 l en juillet (contre 438 €/1 000 l en juin). Tandis que du côté des autres grands pays laitiers européens, il se maintiendrait à 517 €/1 000 l en Allemagne et à 482 €/1 000 l en Italie, grimperait à 600 €/1 000 l aux Pays-Bas et à 565 €/1 000 l en Irlande, se rétracterait à 483 €/1 000 l en Pologne.

La colère gronde sur le terrain

Sur le terrain, cet écart de prix exaspère. « Sodiaal qui met en place au cœur de l'été une baisse du prix du lait payé à ses adhérents en total décalage avec les prix du lait pratiqués en Europe ! », écrivait par exemple "salut" sur Web-agri le 5 août.

« Le plus simple n’est-il pas d’ arrêter le lait ?, se décourageait "tintin" le 14 juillet. La production laitière nourrit tout le monde sauf le producteur et cela malgré beaucoup d’heures de travail. Toujours plus de contraintes supplémentaires et un climat défavorable, alors que la viande et les céréales sont hauts... ».

Pour "steph72", « Il y a le feu au lac, le minerai lait commence à baisser sérieusement. Pour rappel les prix d'aujourd'hui, si on prend l' inflation, sont inférieurs aux 300 euros de 2008. Ça mériterait bien une autre grève du lait ! » (le 20 août).

Avant d’en arriver là, plusieurs manifestations ont émaillé l’Hexagone ces dernières semaines – en Auvergne, dans la Manche, le Morbihan et la Sarthe, la Vendée, l’Eure… - pour réclamer une revalorisation des prix du lait à la hauteur de l’explosion des charges sur les exploitations ces derniers mois et aux effets récents de la sécheresse.

La profession réclame l’application de la loi Egalim, dont l’objectif est de « protéger la rémunération des agriculteurs » en imposant aux industriels et à la grande distribution de prendre en compte les coûts de production.

Pour la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), « l’objectif est qu'au 1er septembre nous soyons alignés sur nos voisins européens et qu'aucun litre de lait ne soit vendu moins d'un euro », « pour qu’en octobre l’argent arrive chez les éleveurs ».

Mais face aux difficultés des industriels à faire passer les hausses de prix auprès des distributeurs, le syndicat annonçait fin juillet qu’il n’excluait pas d’ « arriver à un syndicalisme de destruction ».

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