L’époque du crédit accordé en un clin d’œil et de l’endettement à la limite du raisonnable est révolue. « Nous avons des dossiers qui nous reviennent négativement, ce qui n’arrivait pas avant. C’est directement lié à la solvabilité de nos clients », constate Stéphane Leblond, le président du Sedima.
Le syndicat des concessionnaires agricoles a présenté les résultats de son enquête annuelle réalisée auprès de ses adhérents pour 2025. 21 % constatent une hausse des refus de financement des achats de matériel des agriculteurs. Les banques serrent la vis. « Nous avons du coup un peu l’impression de faire les banquiers pour nos clients », reconnaît Stéphane Leblond.
Les stocks toujours préoccupants
Ce problème se répercute sur les distributeurs. 50 % déclarent subir, depuis le début de l’année, une dégradation de leur trésorerie. D’autant que les stocks restent abondants et préoccupants, que ce soit pour le matériel neuf ou d’occasion. Une situation renforcée par l’arrivée sur le marché de la seconde main de machines onéreuses et puissantes, pas toujours évidentes à écouler.
La situation est particulièrement critique en grandes cultures. Seulement 4 % des concessions spécialisées dans cette filière affichent un bon moral, contre 58 % en polyculture-élevage. Et la tendance pour le premier trimestre 2026 n’indique pas une reprise, loin de là. Les prises de commandes sont annoncées en baisse pour 88 % des distributeurs en grandes cultures. « L’élevage commence lui aussi à être impacté avec la multiplication des problèmes sanitaires », note Stéphane Leblond.
« On s’adapte et on subit »
La vente de matériel, qui représente aux alentours de 70 % du chiffre d’affaires d’une concession, est en berne. Les tracteurs standards neufs chutent de 13 à 14 % et ceux d’occasion de 2 à 3 % en grandes cultures. Les concessionnaires ont enregistré 14 455 immatriculations depuis janvier 2025, soit — 17 % sur la même période par rapport à 2024, qui n’était déjà pas une année brillante. L’activité à l’atelier, le SAV et la vente de pièces, qui progressent légèrement, ne suffisent pas à compenser cette dégringolade.
L’élevage, lui, est porté par « une activité soutenue » dans le secteur des robots de traite, qui ont le vent en poupe au détriment du matériel de traite conventionnelle.
Les concessionnaires se disent également préoccupés par le contexte économique, dont ils dépendent fortement, en France et dans le monde. « On s’adapte et on subit. On attend aussi de voir au niveau politique comment nos clients vont être accompagnés et défendus », souligne Stéphane Leblond.
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