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Prix du laitQu'on livre chez Sodiaal ou Lactalis, les prix sont jugés insuffisants

La France est l'un des pays européens où le prix du lait payé au producteur a le moins augmenté en un an. (©AdobeStock)
La France est l'un des pays européens où le prix du lait payé au producteur a le moins augmenté en un an. (©AdobeStock)

Sodiaal a décidé d'abandonner sa formule de prix du lait pour trois mois, et Lactalis a annoncé maintenir ses prix en juillet. Ces deux mesures mécontentent les éleveurs, qui considèrent que tous les voyants sont au vert pour rehausser les prix (article initialement paru à 5h12).

Dans un communiqué du 5 juillet, l’industriel Lactalis se félicite de maintenir le prix du lait payé aux producteurs au mois de juillet, se posant comme « l’acteur proposant le prix (…) le plus élevé, au-delà même de ce que proposent les acteurs du lait équitable »

Il est fixé à 443,54 €/1 000 l en prix de base 41/33, soit 428,60 €/1 000 l en 38/32, « malgré le mur de l’inflation et l’insuffisante prise en compte de l’explosion des coûts par certains distributeurs ». C’est une hausse de 25,7 % sur un an.

Mais l’annonce a été accueillie plutôt fraichement côté éleveurs, comme l’illustre notamment un communiqué commun de l’Union nationale des éleveurs livreurs Lactalis (Unell) et l'Organisation des producteurs de lait Grand Ouest (OPLGO). 

Les deux organisations fustigent une reconduction qui « n’a aucune cohérence économique au regard des marchés du lait et des produits laitiers », car « les indicateurs sont au vert et auraient dû mener à une hausse significative du prix du lait ».

Les prix de la poudre de lait et du beurre sont en effet au beau fixe, et « les prix du lait en Europe continuent de progresser ». « Nous attendons que Lactalis honore ses engagements sur le bon retour aux producteurs des hausses obtenues » (lors des négociations commerciales avec la grande distribution, NDLR) », ajoute le communiqué.

Evolution des prix du lait dans les pays de l'UE entre mai 2021 et mai 2022
Évolution des prix du lait dans les pays de l'UE entre mai 2021 et mai 2022 (©Observatoire du marché du lait, Commission européenne)

L’information a aussi fait réagir sur les réseaux sociaux. Sur la page Facebook des producteurs de lait, Luc déplore l’absence d’entente avec les OP pour les prix de juillet et Ronan s’exclame : « Le prix Lactalis juillet aurait dû être supérieur à juin mais avec le mauvais coup porté aux producteurs par Sodiaal cela va être compliqué ! »

Sodiaal abandonne sa formule de prix

De fait, le groupe Sodiaal avait annoncé le 16 juin s’affranchir de la formule de prix qu’il utilise depuis 2018, jugée inadaptée aux conditions de marché actuelles. « Face à la volatilité et au manque de visibilité », l’objectif est de « sécuriser les équilibres de la coopérative ».

Les administrateurs de Sodiaal ont donc fixé un prix standard 38/32 à 420 €/1 000 l pour les mois de juillet, août et septembre, primes et saisonnalité comprises. Un chiffre inférieur aux prix annoncés par les autres géants laitiers, et qui attise la colère des éleveurs, particulièrement touchés par la flambée des coûts de production ces derniers mois. Une trentaine d’entre eux ont d'ailleurs manifesté devant le siège de Sodiaal, à Quimper, le 30 juin.

« HONTEUX ! Sodiaal non seulement se fout de ses fournisseurs mais en plus entraîne l’ensemble de la filière laitière dans le marasme ! Alors qu’il faudrait redynamiser la production et encourager l’installation ! Avec des prix moyens inférieurs de 70/100€ les 1 000/l par rapport au reste de l’Europe comment donner l’envie aux producteurs de continuer ? », se désole Jacques sur Facebook.

Chez Lactalis comme chez Sodiaal, on met en avant les difficultés à obtenir des hausses de prix de la part de la grande distribution, qui permettraient de répercuter la flambée des coûts de production (lait, énergies, emballages, transport…).

Les négociations commerciales ont été rouvertes il y a quelques mois pour tenir compte des conséquences inflationnistes de la guerre russo-ukrainienne. Selon La Coopération laitière, les coopératives auraient besoin d’une hausse de 15 à 20 % des coûts sur l’année.

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