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ManifestationLes éleveurs auvergnats se mobilisent pour le prix du lait

Plusieurs dizaines d'éleveurs ont manifesté jeudi à Clermont-Ferrand devant les bureaux du groupe Sodiaal et à Brioude en Haute-Loire où ils ont bloqué une laiterie pour dénoncer des prix du lait jugés trop faibles, ont-ils indiqué à l'AFP.

« Les producteurs vont avoir du mal à boucler la fin d'année. Face à une explosion des charges sur les exploitations - énergie, intrants, compléments alimentaires - et à la sécheresse que nous subissons, nous réclamons une hausse du prix payé aux producteurs », a déclaré à l'AFP Thierry Chirol, président de la fédération départementale des producteurs de lait (FDPL) du Puy-de-Dôme.

Autour d'un barbecue, une trentaine d'éleveurs se sont alors rassemblés jeudi matin devant les bureaux de Sodiaal à Clermont-Ferrand, où ils ont été reçus par un administrateur du groupe.

« On nous a promis une amélioration pour 2023, avec le retour des formules de prix (prix payé en fonction de la destination du lait, ndlr) mais nous attendons de voir », a déclaré Émilie Chantegrel, animatrice à la FDPL.

« Le prix du lait en France est plus bas que ses voisins européens ! Les augmentations arrivent mais beaucoup plus lentement que dans les autres pays. Et les transformateurs, petites PME ou grandes entreprises, ont l'air de se complaire dans cette habitude d'ajuster toujours au plus bas les prix payés », souligne la FDPL dans un communiqué.

Selon la FNPL, en hard-discount, la brique de lait demi-écrémé est à 78 centimes contre 99 centimes en Allemagne.

À Brioude, en Haute-Loire, une centaine d'éleveurs venus avec des tracteurs ont bloqué une laiterie de Sodiaal dès 6h jeudi matin avant de lever la mobilisation vers 15h, a indiqué Eric Richard, président de la section lait altiligérienne de la FDSEA.

« Nous demandons à la coopérative une formule de prix qui respecte les coûts de production et l'application de la loi Egalim », a souligné M. Richard, disant « ressentir une colère croissante chez les éleveurs qui subissent en plus les effets de la sécheresse ». Promulguée en 2018 puis refondue en 2021, la loi Egalim vise à « protéger la rémunération des agriculteurs », en obligeant les industriels et supermarchés à tenir compte des coûts de production des agriculteurs.

À Saint-Flour, dans le Cantal, des responsables syndicaux ont rencontré Damien Lacombe, président de Sodiaal, pour lui faire part de leurs revendications. Depuis le début de la guerre en Ukraine, fin février, la filière constate une stagnation du prix du lait payé aux producteurs en France tandis qu'ils sont en hausse dans le reste des pays européens.

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