Le 28 janvier, la FNPL a annoncé des actions pour contrer la baisse du prix du lait. En ligne de mire la restauration hors foyer et les supermarchés pour contrôler l’origine des produits et le respect de la loi Egalim, mais aussi les laiteries pour les interpeller sur le risque de fragilisation des exploitations laitières.
Dans l’Orne, les producteurs ont choisi de démarrer leurs actions par le site emblématique de Lactalis, à Domfront. Ils étaient une quarantaine devant les grilles ce 5 février dans l’après-midi. « Le prix de base de février et mars à 406 €/1000 l de Lactalis France-Unell n’est pas tenable », proteste Jean-Baptiste Radigue, président de la section de la FDSEA 61. Celui d’Eurial, lui, est fixé à 415 € en février (Bretagne-Pays de la Loire), celui de Savencia-OP Les 3 Rivières à 420 € et 410 € en février et mars. « Nous constatons un écart de prix en notre défaveur avec nos voisins allemands en 2025 alors que les marchés étaient porteurs. Nous voulons un retour lorsqu’ils se dégradent. » Selon l’observatoire de L’Éleveur laitier, le différentiel entre la France et l’Allemagne est de 41,72 €/1000 l sur la période décembre 2024-novembre 2025. Pour un éleveur à la tête de 800 000 litres, cela représente un manque à gagner de 33 400 €. « Nous demandons une meilleure prise en compte du prix de revient dans les formules de calcul des prix de base. Selon la dernière publication du Cniel, il a augmenté de 21 €/1000 l entre 2023 et 2024. Cette hausse des coûts ne se retrouve pas dans la formule de prix de Lactalis. »
Excédents de lait : plus de transparence
Jean-Baptiste Radigue pointe aussi du doigt le manque de transparence sur les excédents laitiers. « Les industriels nous disent que le marché est saturé de lait mais les importations augmentent. » Ce que confirme l’Institut de l’élevage : « Les exportations françaises ont baissé de 5,5 % entre janvier-novembre 2024 et 2025, tandis que les importations ont progressé de 3,8 %. Les fromages italiens et le cheddar ont le vent en poupe », relève l’économiste Christine Goscianski.
Cette première action en Basse-Normandie est un coup de semonce. D’autres vont suivre.
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