Créée en 2021, Alpins La Fermière regroupe 34 éleveurs situés dans la région de Gap (Hautes-Alpes) et en Isère. Elle livre près de 8 Ml de lait à la laiterie La Fermière. « Il y a trois ans, cette entreprise a souhaité posséder sa propre collecte. Avant, elle achetait tout son lait et sa crème à d’autres industriels », explique Philippe Amic, président de l’OP.
Née en 1952, La Fermière fabrique des yaourts et desserts lactés dans une usine proche de Marseille. Le lait est écrémé et pasteurisé à Gap. Disposer d’une collecte en propre permet à l’industriel de communiquer sur une production locale. Ainsi, il vante « un partenariat solide, à travers lequel La Fermière s’engage, entre autres, à garantir une meilleure rémunération aux éleveurs. »
Sauf que, selon Philippe Amic, le contrat ne prévoit pas une formule de calcul du prix du lait conforme à Égalim. « La laiterie payait bien jusqu’à il y a deux ans. Désormais, elle tend à aligner son prix de base sur ceux de Sodiaal ou Lactalis. Or nos élevages situés entre 800 et 1 400 mètres d’altitude subissent des coûts de production élevés qui doivent être pris en compte. » En s’appuyant sur les conseils d’un expert, Guillaume Favoreu, l’OP a proposé mi-juin une formule de calcul intégrant le coût de production. Elle attend la réponse de l’entreprise.
Déplafonner le paiement de la matière grasse
Les éleveurs veulent aussi revoir le paiement de la matière grasse qui est plafonné à 44 de TB. Certains dépassent ce seuil et dénoncent un manque à gagner alors que cette matière est valorisée par l’entreprise.
Les relations se sont durcies et les dirigeants de La Fermière rechignent à rencontrer les responsables de l’OP. En l’absence d’accord sur la formule de calcul du prix de base, celui-ci est fixé unilatéralement, seulement 400 €/1 000 l en juin. Même si les primes permettent de friser les 500 € payés, c’est insuffisant pour les éleveurs qui évaluent leurs pertes à environ 43 €/1 000 l depuis un an.
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