Invité sur France info, Yves Legros, directeur de Candia, a affirmé n'avoir qu'un seul objectif : « payer les producteurs 400 €/1 000 l ». Dès cet été, il annonce que Sodiaal serait « capable de passer la barre des 350 €/1 000 l si les négociations se finissent bien et si les laits spécifiques sont bien valorisés ». Une vidéo publiée sur Dailymotion puis relayée sur Facebook.
Cliquez sur l'image pour lancer la vidéo. Source : page Facebook "La bataille des producteurs de lait".
« Notre objectif, et il y en a un seul à avoir, c'est de payer les producteurs 400 € les 1 000 l de lait. Tant qu'on ne sera pas à ce prix, on n'aura pas fini le travail », a déclaré Yves Legros, directeur général de Candia (marque de la coopérative Sodiaal) et président de Syndilait, dans une vidéo publiée sur Dailymotion et relayée sur Facebook. Invité de L'interview éco de Jean Leymarie sur France info il y a une quinzaine de jours, dans le cadre de la journée mondiale du lait, il annonce même que Sodiaal devrait « être capable de passer la barre des 350 €/1 000 l dès cet été, puis d'augmenter ensuite tous les ans le prix du lait de 20 €/1 000 l ». Selon lui, il y a deux manières d'y arriver : des négociations qui se finissent bien, notamment pour les marques de distributeurs, et le développement des marchés spécifiques bien valorisés tels que les laits aromatisés, délactosés ou de filière, bio, responsable ou éthique.
Ainsi, l'augmentation du prix du lait payé aux éleveurs ne serait pas supportée par les consommateurs, via une hausse du prix du litre standard, mais elle viendrait de l'essor des produits à valeur ajoutée. « Actuellement, 40 % du lait produit par Sodiaal trouve un débouché en France, ce qui tire la valorisation globale du lait vers le haut », ajoute Yves Legros qui estime qu'en 2017, 2018 et 2019, l'évolution du prix du lait est allée dans le bon sens après des années « catastrophiques ». D'après le patron de Candia, il n'y a pas de risque de « revenir en arrière sauf si on retombe dans des batailles de prix plutôt que de valeur ajoutée. Or, la valeur ajoutée, on l'aura sur les aspects nutritifs, les emballages recyclés et la transparence de la filière », de l'élevage à l'assiette.
Les Français boivent de moins en moins de lait
Justement, une certaine méfiance s'est installée chez les consommateurs depuis les quelques problèmes sanitaires qu'a connus le lait, et notamment après l'affaire Lactalis, rappelle le journaliste. Pourtant, les contrôles sont nombreux et font partie intégrante du métier des industriels laitiers, insiste Yves Legros. L'une des raisons à la baisse de la consommation de lait constatée depuis plusieurs années et qui s'est élevée à - 3 % l'an dernier ? Pas la principale en tout cas pour le directeur de Candia, qui l'attribue plutôt à un changement de façon de prendre son petit-déjeuner. « Avant, les gens restaient 20 min en moyenne, assis autour d'une table, en famille. Aujourd'hui, ce repas ne dure que 10 min et est pris généralement seul. De plus, un enfant sur cinq saute un petit-déjeuner par semaine », détaille-t-il.
Ainsi, les Français boivent de moins en moins de lait, et cette diminution de consommation touche surtout le lait conventionnel, qui représente les deux tiers du marché, mais aussi l'ensemble des produits du petit-déjeuner. Or, comme 70 % du lait est bu à ce moment-là, ce recul pourrait s'aggraver, ce qui s'avère préoccupant pour les producteurs et l'ensemble de la filière et pourrait poser des problèmes de santé publique, particulièrement chez les enfants, dont la croissance serait impactée par le manque de calcium.

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