Il existe de nombreuses sources d’information et de formations pour les éleveurs qui souhaitent devenir transformateurs. Un passage obligé avant de choisir ses équipements et de passer à la concrétisation du projet.
« Nous sommes une association, créée en 1991, pour conseiller les vendeurs directs dans leurs activités de transformation laitière à la ferme, explique Marie Vandewalle de l’Association régionale des vendeurs directs (ARVD). Les éleveurs peuvent se former par notre intermédiaire aux techniques de production : beurre, yaourts, fromages, etc. Nous proposons aussi un appui technique et sanitaire avec notamment la collecte d’échantillons en vue d’analyse. L’ARVD compte quatre salariés, dont trois techniciens de terrain, qui se déplacent dans les fermes. Depuis plusieurs années, l’association propose aussi de réaliser des achats groupés de consommables comme des pots ou des emballages, afin de faire bénéficier aux éleveurs transformateurs des tarifs plus avantageux. Nous intervenons dans les Hauts-de-France, notamment avec le soutien du conseil régional qui finance une partie de notre activité. »
Relais de terrain
L’ARVD n’est pas un exemple isolé en France. Il existe plusieurs organisations similaires, associations de producteurs ou syndicats, qui aident et conseillent les éleveurs à une échelle locale ou régionale. La plupart sont membres de l’Association nationale des producteurs laitiers fermiers (ANPLF). Ces structures disposent d’une charte commune qui met en avant la transformation à la ferme selon des procédés non industriels et dans des exploitations à taille humaine. Sur le terrain, elles forment un relais utile pour la prise de renseignements, la recherche et la réalisation de formations, ainsi que la mise en place d’un suivi sanitaire efficace de l’exploitation. Elles partagent l’objectif de professionnaliser les producteurs, notamment quant au respect de l’hygiène et des normes (étiquetage…).
Une étude de marché indispensable
Les chambres d’agriculture sont, elles aussi, d’excellents interlocuteurs qu’il ne faut pas hésiter à solliciter au démarrage de tout projet. Dans chaque région, ces instances disposent en effet d’une équipe de chargés de mission qui accompagnent les agriculteurs dans la réflexion autour de leurs ateliers de transformation et de vente à la ferme. Elles apportent notamment leur expertise autour de l’étude de marché initiale et offrent souvent aussi des formations dans les domaines techniques et sanitaires. Pour la maîtrise des process de transformation, les lycées agricoles, les Maisons familiales et rurales et des écoles spécialisées, comme les Enil, proposent de nombreuses formations. Selon les établissements, les sessions se déroulent en ligne ou en présentiel. Il existe aussi des conseillers privés et indépendants, en transformation laitière et fromagère, qui élaborent des projets sur mesure en se déplaçant sur l’exploitation. Les prestations sont très variées d’un interlocuteur à l’autre et peuvent inclure un accompagnement complet pour l’aménagement des locaux et le choix des équipements.
Enfin, il existe des solutions clés en main ou presque, via des groupements de paysans comme Invitation à la ferme ou des fournisseurs spécialisés comme Glace Concept, les Givrés des Prés, Glace à la ferme…
Moyennant un prix de départ parfois plus élevé que la moyenne, ces concepts présentent toutefois plusieurs avantages : des recettes déjà existantes accessibles via des formations, des références techniques, une marque et des supports de communication en place. Le panel peut également inclure la fourniture des consommables et du matériel. En se lançant ainsi dans un modèle préétabli, l’éleveur gagne du temps et conserve son indépendance, puisqu’il reste maître de sa production et gère sa commercialisation. Attention toutefois à ne pas se laisser séduire trop vite par une offre alléchante. L’étude de marché reste l’étape préalable obligatoire pour estimer, avant de se lancer, que le potentiel de clients est suffisant.
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