La Chine a augmenté ses droits de douane depuis le 23 décembre sur les produits laitiers européens (fromages, lait, crèmes…). Ces droits, encore provisoires mais appliqués, s’échelonnent de 21,9 % à 42,7 %. La Chine accuse en effet l’Union européenne de soutenir économiquement sa production, amenant à une concurrence déloyale avec les produits laitiers chinois, sur le marché intérieur. Le pays avait donc lancé une enquête antidumping depuis août 2024, prolongée jusqu’au 21 février 2026. « Le risque de fermeture du marché chinois entraînerait des conséquences majeures pour l’ensemble du secteur, soulignait le Cniel, dans un communiqué, début décembre. La filière est aujourd’hui confrontée à un risque réel de perte d’accès au marché chinois. […] Avec plus de 600 millions d’euros d’exportations annuelles en moyenne sur cinq ans – incluant les poudres de lait infantile – et une position de premier plan sur plusieurs catégories de produits telles que la crème et les fromages, la France serait fortement exposée et creuserait l’écart de compétitivité avec des pays bénéficiant d’un accès à droit nul. »
Trouver d’autres débouchés à l’export
La Commission européenne a estimé, le jour même de l’annonce, que cette mesure était injustifiée et infondée. Le syndicat agricole européen, le Copa-Cogeca, a, lui, ouvertement fait le lien avec une autre enquête européenne : « Depuis que l’UE a lancé son enquête antisubventions sur les véhicules électriques chinois en 2023, Pékin a systématiquement ciblé les principales exportations agricoles de l’UE : le brandy, le porc et désormais les produits laitiers. » De son côté, le Cniel a réagi : « Cette annonce intervient dans un contexte de crise agricole, de forte production laitière et dans une situation géopolitique extrêmement difficile rendant complexe l’accès aux marchés. La filière laitière française mais aussi européenne devra donc faire face au redéploiement des volumes destinés au marché chinois vers d’autres débouchés à l’export. »
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