« A vec la crise du Covid-19, des tensions se font d’ores et déjà jour dans le secteur laitier, avec des conséquences directes sur les relations commerciales nouées entre Organisations de Producteurs et industriels », dénonce France OP lait, syndicat des organisations de producteurs du secteur laitier, dans une note envoyée au ministère de l’agriculture le 7 avril. En cette période de crise liée au coronavirus, l’organisation estime au contraire que les OP, qui adaptent l’offre à la demande, doivent être reconnues et renforcées dans leur rôle.
France OP lait dénonce tout d’abord les comportements abusifs de certains industriels, et souligne le risque de « double peine » que peuvent subir les éleveurs face à la fois aux baisses de prix mises en place par les industriels pour inciter les producteurs à produire moins, alors que les laiteries incitent parallèlement les éleveurs à réduire leurs volumes, appliquant « la « recommandation » du Cniel, à laquelle les OP n’ont nullement été associées ».
« Les ajustements qui s’avèrent nécessaires doivent se faire dans le respect du contrat et de l’équilibre des relations commerciales, et non au détriment du seul producteur », ajoute l’organisation, qui précise qui insiste : « la crise actuelle ne doit pas être un prétexte pour bafouer le rôle des organisations de producteurs dans la première mise en marché, dans l’adaptation de l’offre à la demande et dans la régularisation des prix à la production ». France OP Lait en appelle au ministère de l’économie pour un rappel à l’ordre des industriels.
Une interprofession qui outrepasse ses droits
France OP Lait regrette par ailleurs la décision du Cniel d’inciter les producteurs à baisser leurs volumes. « Dans le cadre de l’OCM unique, l’interprofession ne dispose d’aucune prérogative pour émettre des recommandations en termes de volume ou de prix. Les seules organisations juridiquement habilitées en vertu de l’OCM unique à discuter et à négocier de volume et de prix sont les OP et AOP », note l’organisation.
L’aide de 10 millions d’euros débloquée par le Cniel « ne pourra relever que du saupoudrage et qu’elle ne pourra concerner que des zones en déprise ou des producteurs dont les systèmes sont déjà dans une mécanique de réduction des volumes », déplore France OP Lait.
« France OP Lait défend un rôle pour les OP dans la régulation des volumes, à l’appui d’un cofinancement des industriels (les CVO sont alimentées par les producteurs), mais aussi des pouvoirs publics européens dans le cadre de l’article 222 de l’OCM unique ou nationaux comme semble vouloir le faire l’Italie » conclut l’organisation.
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