À l’échelle européenne, le cheptel allaitant français fait exception. Sa particularité ? Avoir autant de vaches laitières que de vaches allaitantes. Outre-Rhin, les Allemands comptent une vache de type viande pour quatre vaches de type lait. Un ratio partagé dans la moitié nord de l’Europe. La viande n’est pas une finalité : elle est complémentaire au lait.
La tendance s’inverse au Sud. L’Espagne et l’Italie ont plus de vaches laitières que de vaches allaitantes… mais plus d’UGB viande que d’UGB lait. En cause ? Les ateliers d’engraissement qui gonflent les chiffres.
Mais pour le CGAAER, le service d’étude du ministère de l’agriculture, la machine s’essouffle. Dans un rapport paru début novembre, il recommande au Cniel et Interbev de « structurer une réflexion commune », alors que la décapitalisation fragilise l’aval. L’objectif : prendre en compte « l’ensemble des débouchés des ateliers lait et répondre aux besoins de l’ensemble des acteurs économiques ». Autrement dit, utiliser tous les leviers pour sécuriser l’approvisionnement des abattoirs français.
Pas question de gommer les spécificités des deux productions. L’idée est plutôt de penser l’élevage bovin dans son intégralité, et notamment la complémentarité entre les produits lait et viande.
En finir avec le travail en silo
En l’état, le groupe d’experts reproche aux filières de travailler en silo. La baisse du cheptel laitier n’affecte pas que le volume disponible en lait, sensiblement compensé par les hausses de production à la vache. Elle affecte aussi les volumes disponibles en abattoir, ce qui fragilise tout un pan de l’outil agroalimentaire français. « Les abatteurs industriels, très dépendants du troupeau laitier pour satisfaire la demande croissante et prépondérante de viande hachée, peinent à saturer leurs outils », rappellent les experts à la filière laitière. « Plusieurs industriels ont tenté, avec peu de succès, de se rapprocher des laiteries pour identifier des pistes communes de fidélisation des éleveurs, et pour sécuriser l’ensemble de la filière dans ses composantes lait et viande ».
Pourtant, la sécurisation des outils d’abattage ne peut reposer uniquement sur la filière allaitante.
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