Avec la pandémie de Covid-19 et les mesures de restrictions liées, certains produits laitiers se sont vus privés de débouchés, par exemple dans la restauration hors-domicile ou sur les marchés. Si des efforts sont faits pour réorienter le lait vers d’autres débouchés, tous les transformateurs, notamment les PME, n’ont pas les moyens ni la possibilité de s’adapter. Le Cniel (l’interprofession laitière) a ainsi appelé à une baisse de la production de 2 à 5 %, tout en créant en parallèle un fonds de compensation.
Si la baisse de production, d’ailleurs demandée par les laiteries avec, parfois, des menaces de pénalités, est reconnue comme nécessaire par les syndicats agricoles en cette période compliquée, les avis divergent sur certains points.
Réduction volontaire ou obligatoire ?
Ainsi, la FNPL prône le volontariat et demande plutôt « une incitation à la baisse par une majoration du prix », comme le rappelle Marie-Thérèse Bonneau, vice-présidente du syndicat, dans une vidéo diffusée sur Youtube le 4 avril. « Pour nous, cette mesure d’incitation doit être volontaire », en lien avec les besoins d’écrêtage de chacune des entreprises, d’autant que certaines ont besoin de plus de lait pour fournir la grande distribution, explique l’éleveuse, rappelant « l’intérêt très fort d’avoir des échanges avec les entreprises ».
Pour la Confédération paysanne, en revanche, cette baisse de production doit être obligatoire. Dans une lettre ouverte envoyée le 3 avril, l’organisation demande en effet « une réduction obligatoire des volumes » à hauteur de 18 %, d’autant que si les surplus sont actuellement stockés en partie, cette accumulation « se traduira par une chute du prix du lait à la ferme et ce, durant plusieurs mois voire plusieurs années après la crise ».
Enfin, la Coordination rurale a demandé davantage de transparence aux laiteries qui incitent aux baisses de production, et souhaite un dispositif de régulation au niveau européen.
À noter que lors de la crise de 2016, un dispositif européen de réduction des volumes, proche de ce que demandent notamment la FNPL et la Coordination rurale, avait déjà été mis en place.
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