Pour l’ouverture du Salon international de l’agriculture, la FNPL a affiché ses positions en ouvrant le bal avec une conférence de presse alors que la Confédération paysanne boycotte l’inauguration et que la Coordination rurale dit « non, mais oui ».
« Cette année, la matière première agricole (MPA) sera plutôt flat » dans les négociations commerciales, prévoit Yohann Barbe, président de la FNPL, le jour de l’ouverture du salon international de l’agriculture. Si la Confédération paysanne et la Coordination rurale avaient annoncé leur boycott de l’inauguration, la FNPL ouvre le bal avec une conférence de presse. « Les industriels ont sûrement encore des hausses de MPI (matière première industrielle, N.D.L.R.) à négocier, qu’ils n’ont pas pu faire passer les années précédentes. Mais nous les laissons se débrouiller dans les boxes de négociation ». Le syndicat refuse cependant qu’une baisse possible de la MPI ait un impact par la suite sur la MPA du fait des industriels. « La FNPL est attachée à ce que les négociations commerciales se réalisent en France pour les produits français ». Et de rappeler la sanction d’Eurelec, la centrale d’achat européenne de E. Leclerc, d’un montant de plus de 33,5 M€, pour 70 manquements à l’obligation de signature des conventions conclues avec ses fournisseurs français au plus tard le 1er mars 2025. En 2024, Eurelec avait écopé de 38 M€ d’amende pour le même motif, toujours de la part de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).
« Les sanctions ne sont pas assez dissuasives. Les entreprises préfèrent continuer leur pratique et payer l’amende », analyse Stéphane Joandel, secrétaire générale de la FNPL. Au-delà de cette problématique, le syndicat s'interroge aussi la stratégie de développement des industriels en France ces dernières années, avec des différences entre coopératives et industriels privés. « La filière laitière française a dégagé de la valeur qu’elle a investie ailleurs dans le monde » au lieu de la rendre aux producteurs ou de la réinvestir dans le développement d’outils français, constate-t-il. Il compare avec les industriels allemands qui ont surdimensionné leurs outils pour transformer tout le lait du pays en complétant avec une part d’importation. Quand il y a trop de lait, l’importation s’arrête. « On nous dit que la France déborde de lait et que les outils de transformation n’ont pas la capacité de l’absorber », lance Yohann Barbe. Un discours difficile à entendre pour les producteurs, d’autant plus que la consommation de produits laitiers ne faiblit pas.
Pas de réduction des volumes, mais une demande de stockage
« Il est inconcevable pour nous de réduire les volumes comme le demandent la Roumanie, l’Italie ou la Hongrie. Nous ne sommes pas le pays européen avec la plus forte hausse de collecte. Sur les 20 dernières années, la France a augmenté de 4 % sa collecte contre 19 % en Allemagne, 56 % en Pologne, 80 % en Irlande, 44 % en Belgique, 27 % en Italie et 34 % aux Pays-Bas D’autant plus que nous avons toujours eu en France, une culture de la maîtrise des volumes. Aux autres pays de le faire maintenant ! Nous réclamons plutôt l’activation du stockage privé de poudre et de beurre. Et nos concurrents mondiaux vont rire si on réduit les volumes, surtout que des incertitudes de niveau de production en France subsistent avec la FCO dans l’Ouest. », expliquent Stéphane Joandel et Yohann Barbe.
Le syndicat réclame de nouveau l’application d’un logo « collecté et transformé en France », validant l’origine France, pour aider le consommateur à choisir et pour mieux valoriser les produits français. « Le consommateur se fait avoir alors qu’il veut acheter français car l'origine du lait n'est pas la même pour une même marque en fonction du packaging, explique Marie-Andrée Luherne, vice-présidente de la FNPL. A l’inverse, à l’étranger, le logo affichant l'origine France est apposé partout car il valorise le produit. » Le syndicat imagine « un accord volontaire, en s’appuyant déjà sur les coopératives » sans passer par la loi, selon Yohann Barbe qui ne désespère pas du rôle de l’interprofession, malgré un débat sur l’indicateur beurre-poudre toujours figé.
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