À l’instar d’une mammite, une boiterie doit être prise en charge sans attendre, dès les premiers signes de douleurs exprimés par les animaux. Cette intervention précoce doit permettre qu’elle ne bascule dans un état chronique, avec des complications graves à l’origine de réformes et même de saisies en abattoir, comme le révèle le témoignage de Serge Coste. En Gaec dans le Cantal, il a été confronté à une explosion des lésions podales à la suite de la mise en route d’une nouvelle stabulation à logettes. Ces conditions d’élevage sur béton sont par nature davantage susceptibles de provoquer des lésions traumatiques.
Des conditions d’élevage à risque
Par ailleurs, l’augmentation de la taille des troupeaux et une ambiance mal maîtrisée facilitent la diffusion de pathologies infectieuses comme la Mortellaro. Cela d’autant plus lorsqu’elles s’accompagnent d’un arrêt du pâturage, à l’instar d’émilie et Patrick Huiban, dans le Morbihan, et de Sandrine et Philippe Carnet, dans la Manche, à la suite de l’installation d’un robot.
Dans les deux cas, des soins individualisés, associés à la désinfection des pieds ont permis de redresser la situation. À plus long terme, la génétique offre un autre levier d’action. En effet, les trois principales races laitières françaises disposent désormais d’un index de santé du pied. Quand bien même, qu’il s’agisse de conseils techniques ou du développement de la sélection de nouveaux caractères de résistance, savoir identifier les lésions avec précision est un enjeu fort qui fait l’objet d’un travail d’harmonisation au sein du Comité technique national des boiteries des bovins.
SOMMAIRE DU DOSSIER
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