L’accroissement de la taille des troupeaux laitiers fait grandir la problématique de la main-d’œuvre dans les élevages. Outre la conduite technique du troupeau, « la gestion de cette main-d’œuvre ne peut se faire dans l’improvisation », rappelle Emmanuel Beguin, responsable du service « Approche sociétale et travail en élevage » à l'Institut de l'élevage.
[Vidéo] Emmanuel Beguin (Institut de l’élevage) : « 1 000 exploitations laitières franchissent ce cap des 100 vaches »
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En pleine restructuration, l’élevage laitier français se situe à une période charnière. Sur 60 000 exploitations laitières, 7 000 comptent un troupeau de plus de 100 vaches laitières. « Chaque année, 1 000 exploitations laitières franchissent ce cap des 100 vaches », rappelle Emmanuel Beguin, responsable du service « Approche sociétale et travail en élevage » à l'Institut de l'élevage. « L’élevage laitier français est en train de basculer d’un modèle familial à un modèle entrepreneurial. »
Pour le spécialiste, cette augmentation des cheptels laitiers se traduit autrement : « La productivité de la main-d’œuvre a augmenté de 50 % en seulement 10 ans. » Avec un troupeau plus grand, la charge de travail augmente inévitablement.
Ces dernières années, l’Institut de l’élevage, avec une dizaine d’autres partenaires comme le Cniel, a mené trois enquêtes dans les grands bassins laitiers – Grand-Ouest laitier, bassin de polyculture de l’Est et zone de montagne – pour mieux connaître les pratiques des éleveurs et leurs attentes en matière de main-d’œuvre sur leur exploitation. Des enquêtes qui confirment un besoin croissant d’accompagnement des éleveurs en matière de gestion des ressources humaines.
« s’ouvrir à des candidats non issus du milieu agricole »
« Faut-il investir dans un robot ? Ne vaut-il pas mieux embaucher ? Comment recruter ? Comment définir le poste ? Comment manager ? Autant de questions qu’un éleveur est amené à se poser quand son troupeau s’agrandit », explique Emmanuel Beguin. Autant de questions qu’il est important de se poser, car « le turn-over peut engendrer un coût important pour l’exploitant qui n’arrive pas à fidéliser son salarié ».
« Quand on recrute, il est intéressant d’élargir la diffusion de son offre pour ne pas la divulguer qu’à son réseau proche, quitte à s’ouvrir à des candidats non issus du milieu agricole. » Et ensuite, quand le salarié est recruté, « il y a souvent un manque de formalisme et d’organisation dans son management. Une fois qu’il est en place, il faut le faire monter en compétence sur les spécificités de l’exploitation et du métier », rappelle-t-il.
Savoir réaliser des entretiens annuels, fixer par écrit des objectifs, donner des consignes claires, mais aussi savoir laisser le salarié s’exprimer sur ses attentes : autant de compétences que l’éleveur doit développer. « Nous avons synthétisé ce travail d’accompagnement et de conseil pour les éleveurs amenés à manager des salariés en une quinzaine de fiches pratiques », explique-t-il.

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