Cet accord d'une durée de trois ans, signé dans le cadre du Sommet de l'élevage à Clermont-Ferrand, « assure un prix payé aux producteurs fixé à 385 euros les 1 000 litres (soit 38,50 centimes le litre), hors prime », précise Carrefour dans un communiqué.
En France, le prix moyen versé à l'éleveur est de 34 centimes par litre de lait alors que son prix de revient est de 39 centimes, selon l'interprofession laitière (Cniel).
Le lait dit « de montagne » provient de fermes situées en zone de montagne dont le lait est transformé à moins de 30 kilomètres de l'exploitation agricole. Alors que la rentabilité du secteur est en baisse depuis la suppression des quotas laitiers européens en 2015, la consommation de produits laitiers par les ménages a chuté de 6 % en quatre ans, fragilisant surtout le lait de montagne, selon le Cniel.
« L'enseigne, leader de ce type de lait en France, affirme ainsi clairement son soutien à l'économie en zone de montagne et au maintien de l'emploi dans ces zones où la production agricole est considérée comme plus difficile », souligne Carrefour.
Forte chute du nombre de producteurs de lait en montagne
Difficulté du travail, surcoûts liés aux conditions météo, l'activité laitière en montagne a un retard de compétitivité estimé entre 30 et 43 % par le Cniel. Depuis une dizaine d'années, le secteur subit d'importants arrêts de production : dans les Pyrénées, le nombre de producteurs de lait a chuté de 52 % entre 2008 et 2018, et dans le Massif Central de 47 %, selon le Cniel qui « tire un signal d'alarme sur l'avenir des territoires de montagne sans l'activité laitière ».
L'activité laitière en montagne a un retard de compétitivité estimé entre 30 et 43 % par le Cniel.
Ce secteur est en effet aussi le plus gros pourvoyeur d'emplois en zone de montagne. En région Auvergne-Rhône-Alpes, les fermes laitières représentent environ 60 % de l'emploi agricole, soit 26 000 emplois. De nombreux commerces, écoles et services publics sont maintenus dans des zones rurales difficiles grâce à cette activité.
Depuis le vote de la loi Alimentation il y a un an, les accords se sont multipliés entre la grande distribution et les industriels laitiers, ou les coopératives, dans le but déclaré de mieux rémunérer les éleveurs : Lactalis a signé avec Carrefour et Super U, Danone avec Leclerc, Sodiaal avec Lidl... Intermarché a également signé un contrat tripartite avec les fromageries Bel et l'association des producteurs de lait Bel Ouest (APBO).
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