Une solution financièrement raisonnable — « le prix d’un gros tracteur, loin des millions d’un méthaniseur », souligne Nicolas Morel, responsable produit carburants alternatifs chez New Holland — pour récupérer et utiliser du biométhane comprimé (Bio-GNC) directement à la ferme. Le constructeur et Bennamann, une start-up anglaise, ont reçu, mardi 3 octobre, un Sommet d’or, lors du Sommet de l’élevage à Clermont-Ferrand. Un partenariat évident entre le géant du machinisme et la jeune pousse installée en Cornouailles : le groupe CNH Industrial, propriétaire de New Holland, est devenu actionnaire majoritaire de Bennamann en mars dernier.
« 7 à 8 exploitations sont déjà équipées en Angleterre », annonce Nicolas Morel. Une ferme pilote est annoncée pour l’année prochaine en France. « L’installation est souple », promet le spécialiste. Il s’agit d’abord de deux bâches qui recouvrent le stockage des lisiers. « La première bâche contient la lagune. Il se produit naturellement du biogaz, qui passe dans un filtre à charbon, pour retirer notamment le souffre, avant d’être emmagasiné dans la seconde bâche », détaille le responsable produit carburants alternatifs chez New Holland.
Un épurateur mobile, conçu par Bennamann, entre alors en jeu. Une fois par semaine, il vient récupérer et mettre en bouteille le biogaz, en le débarrassant de son CO2. L’agriculteur peut ensuite utiliser les bouteilles sur un tracteur adapté ou pour alimenter un groupe électrogène. « Une fois la fosse couverte, une ferme de 90 vaches laitières/150 UGB en Cornouaille a produit par exemple 20 tonnes de Bio-GNC. Un tracteur New Holland T6.180 Methane Power (155 Ch.) a été utilisé pendant 900 h, et 55 MWh d’électricité ont été produits avec le groupe électrogène, soit 85 % des besoins de l’installation de traite », détaillent les organisateurs du Sommet d’Or.
Élargir la clientèle du T6 Méthane
Pour New Holland, pionnier sur le biométhane, ce système est aussi une façon de démocratiser cette énergie. « La technologie développée avec Bennamann nous permet d’élargir la clientèle cible du T6 méthane. Actuellement, nous le vendons essentiellement à des agriculteurs méthaniseurs mais ils veulent des machines avec plus de chevaux d’où, d’ailleurs, le prochain T7 méthane », explique Nicolas Morel. D’autant que l’épurateur mobile a une capacité « de 800 vaches ». « Vous regroupez sept exploitations d’une centaine de têtes et il passe une fois par semaine sur chaque site. Et les coûts sont partagés », avance l’expert. Le système est déployé actuellement sur des élevages laitiers mais il peut tout à fait être « envisageable sur une exploitation porcine ou autre ».
Outre l’énergie, ce système apporte d’autres avantages. La fosse à lisier étant bâchée, elle est protégée de l’eau de pluie. « Cela évite la dilution. L’agriculteur peut épandre quand il veut, pas seulement quand la cuve est pleine. Et il ne transporte plus d’eau aux champs, juste de l’engrais », raconte Nicolas Morel. Des revenus supplémentaires via des crédits carbone sont également générés. « Sur une femme de 100 vaches, c’est 1 800 tonnes de CO2 par an, qui peuvent être vendus entre 30 et 60 € la tonne », décrit le représentant de New Holland. Enfin, les effets sont également bénéfiques pour l’environnement : le méthane est environ 25 fois plus puissant que le CO2 dans son effet global de réchauffement du climat.
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