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Collecte laitièreUn prix du lait payé aux éleveurs à contre-courant des signaux conjoncturels

Les signaux sont au vert en ce qui concerne la conjoncture laitière actuelle. En effet, la demande demeure solide dans l'UE comme sur les marchés mondiaux. En France, l'offre s'avère moins abondante avec une baisse du cheptel laitier. Pourtant, les prix annoncés par les laiteries ne décollent pas.

Tandis que les laiteries annoncent leurs prix du lait pour 2021, sur les réseaux sociaux les éleveurs s'inquiètent à la vue des chiffres qui s'avèrent moins élevés que ce qui était attendu. C'est notamment le cas de Philippe Jehan, éleveur et ancien président de la FDSEA de la Mayenne, qui décrit une véritable impasse...

La collecte française ralentie par la baisse du cheptel laitier

Un prix du lait revu à la baisse ? Un paradoxe quand on sait que la collecte laitière ralentit dans l'hexagone. Les experts de l'Idele le révèlent dans leurs dernières tendances de janvier : « La collecte française a terminé l’année 2020 en retrait par rapport à 2019. Sur le 4 e trimestre, elle devrait afficher un repli d’environ -1 %/2019, retrouvant son niveau de 2018, avec un rythme baissier qui s’est accéléré sur les dernières semaines, dépassant parfois les -2 %/2019. »

Les agrandissements des exploitations laitières ne compensent plus les départs !

Ce ralentissement s'explique par la baisse du cheptel laitier. Elle affichait au 1 er décembre 2020 -1,9 %/2019, soit - 70 500 têtes. « L’ensemble des bassins laitiers subit ce repli avec des amplitudes cependant différentes. Si le Grand-Est (-1 %), l’Auvergne-Limousin (-1,4 %) et la Normandie (-1,4 %) résistent tant bien que mal, le Grand Ouest (-2,1 %) et le Sud-Est (-1,9 %) enregistrent des reculs plus marqués. Il semble donc que les cessations d’activité s’accélèrent dans les zones de déprise laitière structurelle, mais prennent également de l’ampleur dans des régions à forte densité laitière, comme la Bretagne ou les Pays de la Loire. L’ agrandissement des exploitations laitières restantes ne permet sans doute plus de compenser les départs. »

Et un coût alimentaire qui augmente

Autre aspect non négligeable : le coût de production. Avec des prix du tourteau de soja au plus haut, la production laitière française risque de ne pas augmenter de sitôt. En effet, certains éleveurs modèrent la complémentation, ce qui se ressent sur la productivité des vaches.

La charge est telle que l' Ipampa lait de vache (indice des prix d'achat des moyens de production agricole, qui suit l'évolution des prix) a progressé en novembre pour atteindre un nouveau record en dépassant le pic de février 2012.

Indice des prix d'achat des moyens de production agricole pour le lait de vache
Tiré par le poste "aliments achetés" qui ne cesse de croître, l'Ipampa lait de vache a de nouveau progressé en novembre 2020 pour atteindre un nouveau record en dépassant le pic de février 2012. (©Idele)

Et niveau monde ?

Dans l'UE d'abord, le ralentissement de la croissance constaté en France semble généralisé sur l'UE-27. Néanmoins, la collecte sur l’année entière devrait afficher une hausse de volume deux fois supérieure à celle de 2019.

Globalement au niveau mondial, les experts estiment que les marchés des produits laitiers paraissent bien équilibrés. « La demande internationale tient bien, malgré la récession économique mondiale provoquée par la pandémie de Covid-19. L'offre se fait moins abondante et les menaces que faisait peser un Brexit sans accord se sont dissipées. »

Rédactrice en chef de Web-agri

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