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Perspectives 2022La production de viande bovine française va encore baisser cette année

Le nombre de mâles de mère allaitante de moins de 6 mois a baissé de 10 % en un an. (©Terre-net Média)
Le nombre de mâles de mère allaitante de moins de 6 mois a baissé de 10 % en un an. (©Terre-net Média)

Entre un cheptel laitier qui se réduit de façon structurelle et un cheptel allaitant qui chute depuis quatre ans, l'Idele table logiquement sur une baisse de la production de viande bovine en 2022. Les échanges pourraient de leur côté revenir à la normale après deux années perturbées par la pandémie.

Dans un communiqué daté du 20 janvier, l’Idele livre ses prévisions pour la filière viande bovine française en 2022 : production en baisse et exportations stables.

La production de bovins finis atteindrait en fin d’année 1,406 millions de tonnes-équivalent-carcasse (téc), soit une baisse de 1,4 % par rapport à 2021. Toutes les catégories sont concernées, illustrant « la réduction structurelle du cheptel laitier et la décapitalisation du cheptel allaitant entamée en 2017 ».

Avec 10 000 téc de moins qu’en 2021, le repli des abattages de femelles devrait s’amplifier en 2022.

La baisse du cheptel de vaches allaitantes s’accélère

Côté vaches allaitantes, « le rythme de décapitalisation est passé de - 1,4 % fin 2020 à - 2,8 % fin 2021 », avec notamment une forte baisse du nombre de génisses de renouvellement, et devrait se poursuivre en 2022 à ce rythme élevé. Les génisses de boucherie pourraient être un peu plus nombreuses, en lien avec le développement de la contractualisation, mais leur poids moyen pourrait se réduire.

Même constat en vaches laitières : la baisse du cheptel a continué (- 1,8 % en 2021) et ne va pas s'arrêter. « Les génisses de renouvellement prêtes à entrer en production en 2022 sont peu nombreuses et les réformes de vaches laitières devraient reculer ».

Moins de broutards à exporter en 2022

Comme la baisse du cheptel allaitant s’est accentuée en 2021, le nombre de naissances allaitantes a fortement baissé et « au 1er décembre, le nombre de mâles de mère allaitante de moins de 6 mois baissait de 10 % par rapport à décembre 2020 ». D’où des disponibilités en repli et des exportations attendues en baisse de 1 % (- 12 000 têtes) en 2022, « après le rebond de 2021 ».

L’Idele prévoit une demande vive de l’Italie, un rebond des importations algériennes, et une baisse des achats espagnols.

Faute de volontaires, l’engraissement de JB laitiers décline

La production française de mâles non castrés baisserait de 2 % en 2022. Une chute liée surtout au déclin de l’engraissement de jeunes bovins laitiers : malgré la demande de l’aval et la hausse des prix, « les effectifs mis en place pour des sorties en 2022 sont en baisse significative », « faute de volontaires parmi les éleveurs laitiers ».

Les sorties de jeunes bovins viande devraient être en retrait sur le premier semestre,  mais « quasi stables » ensuite grâce à des mises en place qui semblent retrouver du dynamisme depuis fin 2021.

Si les exportations de jeunes bovins vivants restent difficiles à prévoir, l’Idele table sur une très légère hausse sur à « une demande algérienne dynamique au premier trimestre, en préparation du Ramadan ».

La baisse de la production de bœuf devrait se poursuivre, mais à un rythme mois soutenu qu’en 2021. Pour les veaux de boucherie, la production est « fragilisée par deux années de crise et par la très forte hausse des coûts alimentaires en 2021 », aussi la baisse va continuer.

Vers un retour à la normale des échanges, malgré Omicron

Après « deux années très perturbées », les importations pourraient presque revenir au niveau pré-pandémique, estime l’institut technique. Deux raisons à cela : la restauration commerciale, principale utilisatrice de viande importée, devrait retrouver un fonctionnement normal en 2022, et la baisse de la production nationale de femelles pourrait laisser plus de place à de la viande importée sur le marché français.

Malgré la baisse de production de jeunes bovins, les exportations de viande devraient rester stables, à un haut niveau, grâce à un « marché européen porteur ». La reprise annoncée du tourisme en Europe du sud pourrait aussi « dynamiser la demande dès le printemps ».

Entre hausse des importations et stabilité des exportations, la consommation totale serait quasiment stable en 2022. Mais avec la baisse des disponibilités abattues en France, la consommation de viande française devrait se réduire.

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