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Paroles de lecteursAutour des arbres, l'herbe est-elle toujours plus verte qu'ailleurs ?

Planter des arbres, une solution contre le réchauffement climatique en élevage ? (©Cassiana_Sarrazin // Création Terre-net Média)
Planter des arbres, une solution contre le réchauffement climatique en élevage ? (©Cassiana_Sarrazin // Création Terre-net Média)

Pour certains lecteurs de Web-agri, le rôle des haies et de l'agroforesterie pour lutter contre la sécheresse, et le manque d'herbe, « n'est plus à démontrer ». Quand d'autres sont plus sceptiques. « Sans eau, on ne peut pas faire grand-chose, qu'il y ait des arbres ou non », argue l'un d'eux.

« Alors qu'il n'y a vraiment plus d'eau disponible dans les sols, l'herbe est restée verte au pied des arbres jusqu'à fin juillet. La différence était flagrante, leur utilité est démontrée ! », estime Céline Cuiller, dont l'exploitation est située dans la Manche.

« L'herbe pousse mieux près des arbres »

Anthony Vsr confirme : « En règle générale, l'herbe est toujours plus belle près des haies. En début de saison, elle démarre bien et après, elle pousse toujours mieux et la prairie ne crève pas au moins. Après, c'est plus en graminées qu'en légumineuses, qui ont besoin de davantage de lumière. »

Gil Chavallier n'est pas d'accord : « Certes l'herbe reste verte un peu plus longtemps derrière la haie certes, mais lorsqu'il pleuvra, elle mettra aussi plus longtemps à repousser à cause des racines des arbres. Bilan global = 0 efficacité, sauf avec une sécheresse légère suivie d'un excès d'eau, soit dans des situations très rares. »

Céline Cuiller explique : « Il faut planter les haies sur un axe nord-sud pour que l'herbe puisse toujours voir le soleil. Ainsi, elles limiteront les variations de température et garderont le frais. (...) »

« De l'ombre et des feuilles pour les vaches »

« Et en cas de sécheresse, les vaches peuvent manger les feuilles de certaines essences. Tu fais tomber 10-15 branches et c'est la fête à la saucisse », ajoute Florian Acquistapace.

« Au risque qu'une te tombe sur la tête... il faut donc être deux par sécurité. Puis en mangeant, les bêtes écartent les branches et le paysan passe des heures à ramasser les débris au milieu des bouses. Pas mal de travail en plus et au tarif d'un salarié, ça revient cher... Sans compter le gasoil pour couper les arbres, que ce soit pour l'alimentation des animaux ou l'entretien des haies », objecte Gil Chavallier.

Mais du travail et du gasoil en plus...

« Le plus dur en effet est d'apprendre aux bêtes à grimper aux arbres pour brouter les feuilles... », plaisante Jean-Pierre Tarroux.

« Les arbres leur font de l'ombre aussi... Des vaches laitières, qui ont trop chaud, produisent moins de lait », fait remarquer Erwan Le Rolland.

Et d'autres avantages

Sans compter, met en avant Madeline Reiss, que « (...) les branches peuvent être broyées et servir de litière ». « En mix avec de la paille, un peu comme un mille-feuilles, précise-t-elle. Cela donne un excellent compost qui peut ensuite être épandu sur les prairies et mes champs. »

Vincent Batsère cite aussi d'autres avantages : « amélioration de la biodiversité, augmentation de la matière organique, lutte contre l'érosion, etc. » « Je sais que les haies ne sont pas toujours compatibles avec la notion de ''rentabilité'' mais leurs bienfaits ne sont plus à prouver », poursuit-il.

Nath Dmy est « sidérée de voir le nombre de commentaires qui ne voient que le côté économique ». « On va vraiment crever de ça ! », alerte-t-elle. « Nous avons des haies tout autour de nos prés et pas 15 m sans herbe ! Les haies, ce sont d'abord des habitats, la vie quoi. Elles retiennent la terre, fournissent de l'énergie, de la biomasse. Elles protègent les animaux de la chaleur, des mouches, de la pluie, du vent. Le talus filtre l'eau d'une partie des pesticides qui le traversent. Et si on choisit bien les essences, les arbres deviennent fourragers. Je ne vois que du positif à avoir des haies et des arbres dans les parcelles », résume cette lectrice.

« Les prairies, où il y a des arbres et des haies, ont un rendement supérieur en herbe, constate Rémi Blon. Et en cas de sécheresse, l'herbe reste verte beaucoup plus longtemps. » « Par contre, elle est d'un peu moins bonne qualité. », reconnaît-il avant de lancer : « Mais des années comme celle-ci, on s'en fout, ce qu'on veut c'est de pouvoir nourrir les animaux. On a beau avoir une herbe riche, si elle est sèche, les bêtes ne veulent pas la manger »

« Des prairies paillassons quand même ! »

James Dupale ne partage pas les avis précédents : « Dans ma région, il y a des kilomètres de haies et d'arbres et cela n'empêche pas d'avoir des prairies paillassons !! »

Gil Chavallier se demande en effet « si ceux, qui préconisent de planter des arbres pour lutter contre le réchauffement climatique et le manque d'herbe, ont observé les effets sur une année complète ». « C'est comme pour le photovoltaïque sur poteau avec des moutons dessous, compare-t-il. L'herbe est plus verte, mais la production est moindre sur l'année. Du moment que ça fait écolo... »

« Ici pourtant, le climat est tempéré, je suis en zone humide et je pratique l'agroforesterie, naturellement, sur mes parcelles avec des haies d'essences multiples : hêtre, frêne chêne, saule, etc.  Et l'herbe est grillée ! », témoigne Nelly Stoquert.

« À l'abri du vent du nord, le dessèchement est moins important. Il est probable que ça serait pire sans les arbres », pense au contraire Frédéric Lambin.

« C'était vert mais ça ne poussait pas, puis avec le vent qui dessèche, l'herbe a grillé », réplique Nelly Stoquert.

« Un investissement pour les générations futures »

Anthony Vsr en convient : « Au bout d'un moment, quand il n'y a plus d'eau, on ne peut pas faire grand-chose, qu'il y ait des arbres ou non. (...) »

« La pousse est juste meilleure au printemps, à l'abri du vent. L'été, ça ne change rien, ça grille pareil », appuie François Frédéric.

Nicolas Mauguit avance un autre argument : « Et combien de temps pour avoir un arbre qui produit ? »

Surtout pas de bassins de rétention...

« Les arbres abriteront et nourriront les vaches dans 30 ans minimum, formidable !! », renchérit Stanley du Puy.

« C'est un investissement pour les générations futures », conclut Rémi Blon.

« Surtout ne faisons pas de lacs ou bassins de rétention d'eau comme en Espagne pour avoir de l'eau en été et moins d'inondations en hiver !! », s'énerve Laurent Galinier. « On ira acheter des légumes, de la viande et même de l'eau en Espagne, c'est moins cher !!! Les cultures et les animaux peuvent crever en France, tout le monde s'en bat l'œuf ! », déplore-t-il.

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