En 2024, les prairies permanentes ne représentent plus que 13,5 % de la surface bretonne, en baisse de 6,5 % depuis 2010, selon une étude Agreste. Le rythme de ce recul s’accentue depuis quatre ans. Ramenée à la SAU, la part des prairies permanentes s’élève à 20 %, contre 17 % pour les prairies temporaires et 19 % pour les fourrages annuels. En parallèle, les surfaces cultivées en céréales ont progressé de 4,6 % entre 2018 et 2022. En France, les surfaces toujours en herbe baissaient régulièrement de 2010 à 2015 mais elles se sont stabilisées ensuite autour de 19 %.
Agreste a analysé dans le détail les évolutions entre 2022 et 2023, des années assez représentatives. On s’aperçoit que le recul des surfaces toujours en herbe s’établit à 3,1 % dans les déclarations Pac. Une partie de celles qui disparaissent correspond donc à des espaces non agricoles (espaces naturels ou périurbains) qui diminuent du fait de l’artificialisation des sols. Quant aux prairies agricoles, la baisse liée à un changement d’utilisation du sol (mise en culture, jachère, non-exploitation, etc.) n’est que de 1,2 %, toujours entre 2022 et 2023. Le reste vient du fait que ces parcelles ne sont plus déclarées, pour différentes raisons. On voit aussi que certaines prairies temporaires basculent en surface toujours en herbe, parce qu’elles dépassent l’âge de cinq ans, mais cela ne suffit pas pour compenser. Enfin, la Bretagne présente la particularité de placer 67 % des prairies permanentes en prairies à rotation longue dans les déclarations Pac.
L’agrandissement des élevages pénalise les prairies
L’analyse montre aussi que les changements d’affectation des sols surviennent souvent lors de reprises ou de disparitions d’exploitations. 62 % des prairies retournées pour être mises en cultures le sont dans ces circonstances. L’agrandissement des élevages laitiers conduit à des retournements de prairies qui s’expliquent quand les parcelles sont éloignées du siège et ne peuvent donc pas être pâturées. On observe que le chargement des surfaces toujours en herbe s’accroît avec la taille des troupeaux. Les élevages laitiers concentrent néanmoins 61 % des surfaces toujours en herbe. Mais plus leur taille augmente et moins ils valorisent les prairies permanentes, leur préférant d’autres cultures fourragères (prairies temporaires et maïs).
Par ailleurs, le nombre de vaches diminue de 2,6 % par an en moyenne en Bretagne, ce qui réduit les possibilités de valorisation des prairies. Malgré leur intérêt pour l’environnement et la biodiversité, elles pourraient donc décliner encore.
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