Vraie remise en question, ces derniers mois, chez les lecteurs de Web-agri, de leur métier d’éleveur.
En septembre, alors que l’OCDE et la FAO prévoyaient une hausse de la demande mondiale de produits laitiers d’ici 2030, ils en étaient sûrs : « ce lait ne sera pas produit en France ». Pas de doute non plus là-dessus : « il le sera par d’autres pays ». Difficile de maintenir notre niveau de production à 24 Mds de litres par an, estimaient certains. Les laiteries françaises iront s’approvisionner ailleurs, les importations augmenteront, le lait ne répondant aux mêmes normes que chez nous.
« Si l’on ne fait rien, la France perdra 1,3 million de vaches d’ici 2030 », alertait Interbev, un mois plus tard, au Sommet de l’élevage. « Et tous ses éleveurs ! », réagissaient les lecteurs. « C’est la volonté des citoyens, des politiques », déploraient-ils. Et avec les prix bas, l’explosion des coûts, la baisse des aides… « tout est réuni pour que la décapitalisation bovine s’amplifie », anticipaient-ils.
Ras-le-bol de la sur-réglementation
D’autant que, dans le même temps, la maladie hémorragique épizootique arrivait dans notre pays, fragilisant encore davantage l’élevage bovin. Cette nouvelle pathologie, et l’interdiction d’exporter en découlant, faisait peur à beaucoup d’entre vous. Quelques semaines plus tard, c’est la sur-réglementation et le projet de la Commission européenne d’interdire le transport des veaux de moins de cinq semaines qui vous préoccupaient.
Décapitaliser le cheptel: la conjoncture pouvait en effet amener à y penser. Alors que Web-agri annonçait une baisse de 30 % du nombre de producteurs bovins en 10 ans, vous étiez nombreux à « ne pas être surpris » et à trouver que ce chiffre était « sous-estimé ». Et à mettre en garde sur les conséquences, dont la gravité est elle aussi sous-évaluée, pour l’approvisionnement des industriels et l’autonomie alimentaire.
Un profond mal-être
Pas étonnant que les lecteurs jugent l’année 2023 mitigée. Si « les cours se sont maintenus » et « les récoltes ont été satisfaisantes », les conditions météo de l’automne vous inquiétaient déjà, et la sur-administration comme le prix des intrants et la concurrence déloyale commençaient à peser sérieusement. Des difficultés s’accumulant depuis plusieurs années qui ont mené aux manifestations agricoles de début 2024. Les éleveurs, qui ont participé en masse, ont été très déçus des résultats obtenus.
Le mal-être s’est accru, comme en attestent vos commentaires. Démotivés, fatigués physiquement et moralement, dans une situation financière compliquée : voilà ce que les uns et les autres nous remontaient. Jusqu’à se demander comment parvenir à attirer encore des jeunes vers cette profession. Pourtant, les propositions ne manquent pas pour susciter davantage de vocations. Parmi les plus citées : des prix rémunérateurs bien sûr, de même que l’amélioration des conditions de travail et de la charge. Car la plupart reste convaincu : éleveur est un beau métier.
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