Selon le Cniel, la baisse du nombre de livreurs ne décélère pas. La collecte bio pourrait descendre à 1 milliard de litres fin 2026.
En 2021, les producteurs bio lançaient un cri d’alarme face à la détérioration du marché. Leur prix du lait n’a augmenté depuis que de 7 % à 12 % chez les grands acteurs industriels, selon notre observatoire. Ils alertent aujourd’hui sur le risque de manquer de lait bio, peut-être même dès l’an prochain (voir ci-dessous).
La vision court-termiste des GMS, avec des déréférencements de produits plus que de raison, a amplifié la déconsommation bio des ménages. La filière espère que le recul de ses ventes va enfin atteindre un plancher. « Ce n’était pas encore le cas fin septembre sur trois des cinq catégories de produits », indique Corentin Puvilland, économiste au Cniel, à la journée laitière bio de la Confédération paysanne (CP), mi-octobre dans la Manche. « Sur les neuf premiers mois, le lait liquide enregistre - 4,9 %, les fromages - 3,9 % et le beurre - 5,3 %. »
La bonne nouvelle est que les magasins spécialisés continuent la progression de leurs ventes 2024 : + 6 % sur les sept premiers mois de 2025. Ce n’est pas suffisant pour rééquilibrer le marché par la demande. « Cela risque de se faire par l’offre, alerte Yves Sauvaget, président de la commission lait bio du Cniel et membre de la CP. Les cessations d’activité laitière bio devraient encore s’accélérer. L’enjeu est de maintenir le potentiel de production français. »
Le renversement du marché conventionnel, qui jusque-là absorbait correctement les excédents bio, incite les industriels à la prudence. Eurial bio veut atteindre en 2026 un taux de déclassement d’environ 10 % avant d’envisager de muscler sa collecte.
Biolait : zéro contrat conventionnel
De son côté, Biolait se projette de nouveau dans l’avenir, mais pas à n’importe quel prix, etannonce zéro déclassement en 2026 par sa collecte (- 30 % en quatre ans) et l’absence de contrats conventionnels. « Notre coût de collecte de 50 €/1 000 l est largement supérieur à celui de nos concurrents industriels. Nous avons besoin d’un coup de pouce »,déclare Maud Cloarec, vice-présidente de Biolait. La SAS estime à 110 l/km la densité nécessaire pour être au même niveau qu’eux. « En Bretagne, cela représente 36 fermes en plus. C’est un objectif atteignable. En revanche, dans l’Est ou le Sud-Ouest, il ne l’est pas sans soutien, car il en faudrait 150. » Biolait continue de frapper à la porte de tous les financeurs publics, après les 12 M€ obtenus en juillet pour la filière bio.
Quant aux industriels privés, ils dénoncent ou ne renouvellent pas des contrats pour recentrer leur collecte (Lactalis, Olga) ou l’ajuster.
C’est une des raisons qui incite Bio Commun (ex-OP Seine & Loire) à se renforcer (lire encadré ci-dessous).
La raréfaction de la ressource bio qui s’annonce va aussi s’accompagner d’une mobilité des producteurs. Cela a déjà débuté via Novandie et la LSDH.
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