En raison des fermentations entériques, l'élevage de ruminants induit inévitablement des émissions de méthane. Certains points de vigilance et autres pratiques permettent de les réduire, de manière plus ou moins efficace et parfois même bénéfique sur le plan économique.
« En France le méthane représente presque la moitié de l’empreinte carbone des produits issus des ruminants. Une vache laitière émet entre 400 et 600 g de méthane par jour, en fonction de son alimentation, des quantités ingérées, de la race, et des conditions d’élevage », d’après Benoît Rouillé, responsable du service climat à l’Institut de l’élevage (Idele).
À l’occasion d’un webinaire organisé par la chambre régionale d’agriculture du Grand-Est, il a communiqué quelques leviers possibles pour réduire les émissions de méthane entérique.
Globalement, la production de méthane a lieu lors de la digestion du bol alimentaire ; la fermentation des fourrages et des concentrés par les micro-organismes est responsable de cette production de méthane.
Pour Benoit Rouillé, il existe de nombreux leviers pour réduire ces émissions, allant de la conduite de troupeau à la génétique, en passant par la ration distribuée ou encore les solutions nutritionnelles.
Conduite et productivité du troupeau
Des travaux de l’Inrae datant de 2015 affirment, qu’en moyenne, « plus la vache produit de lait, moins elle va émettre de méthane par kg de produit. Le même constat est dressé en viande ». L’augmentation de la productivité permet de réduire le méthane émis par unité produite, jusqu’à un certain seuil.
En ne prenant en compte que cet indicateur, il peut sembler bénéfique d’augmenter la productivité des animaux, en fonction du point de départ. « Or, cet indicateur n’est pas suffisant pour se rendre compte de l'impact de l’intégralité du système sur l’empreinte carbone. La productivité est liée à d’autres émissions indirectes de gaz à effet de serre, telles que le carburant, le coût des intrants en déforestation ou autre ».
Parmi les autres leviers très souvent utilisés dans les stratégies de décarbonation ou de réduction des charges, on retrouve la diminution de l’âge au premier vêlage, la réduction du taux de réforme et de renouvellement, mais aussi l’amélioration de la santé et de la reproduction. « En France, les vaches laitières vêlent en moyenne à 30 mois, la préconisation du vêlage 2 ans est efficace pour ces objectifs. Néanmoins, elle requiert une certaine technicité », accorde le responsable du service climat.
Une fourrage digestible et de qualité
La digestibilité de la ration représente un réel potentiel de réduction des émissions de méthane entérique. « Plus la ration contient des aliments de qualité, qui vont être bien valorisés par l’animal, moins on émet de méthane par kg de produit ». Globalement, moins le fourrage est digestible – avec beaucoup de fibres –, plus l’animal va émettre de méthane pour le digérer.
Certains fourrages ou compléments nutritionnels peuvent apporter un effet bénéfique. « L’introduction de lipides dans la ration, ou d’espèces prairiales riches en tannins présentent des effets positifs sur les émissions de méthane ». Aussi, de nombreuses solutions nutritionnelles arrivent sur le terrain, « à base d’ail, d’algues, ou d’acides gras, ces compléments présentent différents modes d’action pour des efficacités variables », annonce Benoît Rouillé.
« L’émission de méthane est un caractère héritable »
« L’émission de méthane est un caractère héritable, et il est possible grâce à des index de l’intégrer dans les schémas de sélection ». Cette stratégie se présente comme étant relativement peu coûteuse et efficace à long terme.
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