Un groupe de chercheurs s’est penché sur les conséquences du changement climatique sur les bovins. Selon les scénarios, l’Europe de l’Ouest pourrait connaître entre 20 et 80 jours de stress thermique supplémentaires d’ici la fin du siècle. Certaines zones du globe pourraient même devenir totalement inhospitalières pour les ruminants.
Les trois quarts des bovins du monde sont exposés a minima à 30 jours de stress thermique chaque année. Avec le réchauffement climatique, cette proportion pourrait bien exploser. Si les régions tropicales seront les plus impactées, les zones tempérées ne seront pas en reste. Avec un réchauffement climatique de 4°C d’ici la fin du siècle, les bovins de ces régions pourraient avoir à supporter jusqu’à 180 jours de stress thermique par an, explique la revue scientifique environmental research.
Le scénario dit « pessimiste » (basé sur une hausse de la température mondiale de 4°C par rapport aux relevés de température 1850-1900) imposerait aux bovins français 40 à 50 jours de stress thermique supplémentaires sur le quart nord-ouest et les zones de montagnes en 2100 (soit environ deux mois de stress thermique chaque année). Le reste du pays s’approcherait des trois mois à THI élevé (indice de température et d’humidité).
Un scénario « optimiste » (basé sur une hausse des températures limitée à 2°C) contiendrait les épisodes de stress thermique, avec 10 à 20 jours de plus qu’actuellement sur le territoire métropolitain. L’intensité des épisodes serait également revue à la baisse.
Avec une hausse de 4°C de la température du globe, nombre de pays tropicaux et subtropicaux deviendront inhospitaliers pour les bovins. « D’ici 2100, dans un scénario d’émissions élevées, le stress thermique permanent s’étendrait au sud du Brésil, à l’Afrique australe, au nord de l’Inde, au nord de l’Australie et à l’Amérique centrale », précisent les chercheurs. Si un cinquième du cheptel mondial est déjà soumis à des THI élevés toute l’année, un tiers des bovins pourrait être en situation de stress thermique permanent à l’horizon 2100 (selon la répartition actuelle des bovins dans le monde).
D’autant que les principaux bassins de production ne sont pas forcément dans les zones les plus tempérées du globe. « De nombreuses régions connaissent à la fois un stress thermique très important avec le climat actuel, et des densités de bétail élevées : l’Inde, le Brésil, le Sahel, le sud des États-Unis et la Chine ». Or ce sont justement ces régions, où le risque de stress thermique est le plus fort, qui envisagent les plus gros développements de cheptels bovins. « Les effectifs vont presque doubler en Asie, plus que doubler en Amérique latine, et quadrupler en Afrique ».
Pour les chercheurs, nul doute : l’accroissement de la production de bovins dans les régions tropicales n’a rien de durable, « et expose des centaines de millions d’animaux supplémentaires à une forte augmentation du stress thermique sévère tout au long de l’année ».
Question production, difficile de maintenir les niveaux actuels avec la hausse des températures. Les chercheurs tablent sur une baisse de la production laitière de 11 millions de tonnes en 2050 (et 6,5 millions de tonnes dans un scénario d’émissions faibles). Ces prospectives restent toutefois à étayer. La production laitière est généralement concentrée sur les régions les plus froides des pays. D’autant que des marges de manœuvre subsistent sur le plan technique ou génétique pour préserver les vaches du stress thermique.
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