« Au moment où plus de 20 millions de repas quotidiens, qui étaient habituellement pris dans la restauration collective, le sont à domicile, du fait du confinement des Français, je suis alerté par la situation dramatique des éleveurs bovins allaitants », indique Didier Guillaume dans un communiqué diffusé le 4 mai.
Si l’alerte n’est pas nouvelle, puisque la FNB a fait connaître ces difficultés au ministre de l’agriculture à plusieurs reprises depuis le début du confinement, celui-ci semble désormais convaincu de la nécessité d’agir pour permettre aux éleveurs d’obtenir des prix rémunérateurs, d’autant plus qu’avec le confinement, la consommation de steak haché a fortement augmenté. Sa part dans la valorisation d’une carcasse atteint désormais 70 %, précise le communiqué du ministre.
« Cette évolution nous impose de nous questionner sur la construction de ce prix, qui doit impérativement parvenir à couvrir le coût de production de l’éleveur », estime Didier Guillaume, qui déplore une nouvelle dégradation de la rémunération des éleveurs ces deux derniers mois et une baisse des cotations entrées abattoirs.
Une action collective nécessaire
Le ministre en appelle donc la filière à jouer collectif et à « faire évoluer son modèle ». Il justifie par ailleurs sa décision de ne pas mettre en place de prix minimum, comme demandé par la FNB : « il est faux de laisser croire que l’intervention publique, quelle que soit sa forme, puisse pallier une organisation économique structurellement déséquilibrée ». « Mais, ajoute-t-il, les pouvoirs publics ont leur mot à dire, et je vais le dire avec force à l’ensemble des acteurs, sur l’organisation d’une filière aussi stratégique pour l’alimentation de nos concitoyens ».
Didier Guillaume organise de plus ce 5 mai après-midi une réunion avec l’ensemble des acteurs de la filière, pour partager un certain nombre de données qu’il a demandé à Interbev de rassembler, notamment sur la réalité de la consommation semaine après semaine et les à-coups des achats, sur les chiffres des abattages et des exports, et sur le nombre d’animaux stockés en ferme.
Le ministre espère ainsi que grâce au partage de ces données, « la transparence, et les efforts faits par chacun des maillons de la chaîne auront comme conséquence une meilleure répartition de la valeur, en permettant aux éleveurs de vivre décemment de leur travail ».
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