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Viande bovineSynthèse des solutions pour faire face à la hausse des cours

L'herbe pâturée reste le fourrage le moins cher qui soit. (©Terre-net Media)
L'herbe pâturée reste le fourrage le moins cher qui soit. (©Terre-net Media)

Allotement, gestion des concentrés, pâturage tournant... Retrouvez les principaux leviers pour contenir la hausse des charges en élevage bovin à travers notre dossier consacré aux solutions pour passer la crise en élevage allaitant.

Suite à la hausse historique des prix des concentrés, Bovins croissance a analysé différents systèmes pour identifier les éléments clés d'un système efficient. Sans surprise, l’alimentation y tient un poste majeur. « Au lieu de parler de prix du broutard ou prix du kilo carcasse, on devrait plutôt s’intéresser aux consommations de concentré à la vache. Le prix du concentré peut représenter jusqu’à ¾ des charges opérationnelles alors que le prix au kilo vif ne fait pas la différence entre les différents systèmes », explique Thomas Gareni, conseiller Bovins croissance dans les Pyrénées-Atlantiques (64).

Mais, travailler sur les charges en concentré ne veut pas forcément dire arrêter les dépenses, mais plutôt améliorer l’efficacité de ces charges. « Les systèmes présentant les plus faibles charges alimentaires ne sont pas ceux qui font les meilleures marges, au contraire. Les fermes présentant une démarche économique efficiente dépensent plus d’argent à la vache, mais ils le valorisent mieux via la production de viande », précise le conseiller. 

Alloter et grouper les vêlages pour améliorer l’efficacité alimentaire du concentré

L’allotement, c’est mettre des animaux de même stade ensemble pour limiter la concurrence à l’auge, et mieux gérer les apports en aliment en fonction des besoins physiologiques des animaux. Cela permet d’agir à court terme sur la consommation en concentré.

À plus long terme, c’est tout le système de reproduction qui peut être basé sur une logique d’allotement avec le groupage des vêlages. Cette pratique demande cependant d’avoir des bâtiments adaptés ainsi qu’une organisation sanitaire particulière : beaucoup d’animaux arrivant en même temps, la prévention est essentielle pour éviter le développement des maladies et garder un bon niveau de performances.

« Beaucoup d’éleveurs sont réticents à cette pratique, note Jules Lafourcade, conseiller Bovins croissance dans les Landes (40), mais le groupage des vêlages sur les génisses peut être un bon compromis. Les génisses sont celles qui ont les IVV les plus élevées. Elles mettent davantage de temps à revenir à la reproduction que les autres animaux. Conduire ses génisses ensemble permet d’avoir un plan d’alimentation précis et plus poussé, pour réduire la concurrence à l’auge et leur donner une ration plus riche. »

2 à 3 h de pâturage suffisent à la vache pour ingérer 7 à 8 kg de MS par jour

L’ herbe pâturée, c’est le fourrage le moins cher qui soit. Le pâturage tournant peut permettre de valoriser davantage le pâturage, en augmentant les périodes de repos entre deux passages pour permettre à la prairie de reconstituer son système racinaire.

Si la durée de pâturage est généralement liée aux conditions météorologiques, il existe des marges de manœuvre : « fin d’hiver - début de printemps quand l’herbe commence à pousser, les éleveurs ont peur de mettre les animaux dehors par rapport à la portance, il y a des adaptations possibles. En donnant accès à la pâture quelques heures par jour, on force l’animal à pâturer lorsqu’il est dehors plutôt qu’à marcher ce qui limite le piétinement. 2 à 3 h de pâturage suffisent à la vache pour ingérer 7 à 8 kg de MS par jour, soit la moitié de la ration, et ça peut permettre de supprimer le correcteur azoté à l’auge », conseille Jules Lafourcade.

Des rations biphases à l'engraissement

Le maïs permet un apport d’énergie conséquent, mais cette plante doit être limitée pour assurer l’autonomie protéique de la ration : « si l’on met trop d’ensilage de maïs, on ne trouvera jamais un aliment complémentaire suffisamment riche en azote qui maintiendra l’équilibre. » Des ensilages d’herbe, des mélanges de légumineuses en pur ou association avec des graminées sont davantage équilibrés. Le plus important est alors de veiller à la récolte précoce du fourrage pour avoir la meilleure valeur azotée possible.

L’engraissement est le poste où les rations sèches sont les plus utilisées. Le contexte actuel invite les éleveurs et conseillers à reconsidérer cette pratique. Des essais sur des itinéraires d’engraissement originaux en Blonde d’Aquitaine montrent l’intérêt de l’engraissement biphase, avec l’utilisation de fourrages très riches sur les 3 à 4 premiers mois d’engraissement, puis le recours à une ration sèche en dernier lieu, pour au final diminuer le recours au concentré sur la période d’engraissement sans altérer les performances.

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En viande : faire face à la hausse des intrants

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