Entre impact de la FCO-3 et tensions sur l’offre laitière et sur le marché des matières grasses, le prix du lait s’envole depuis plusieurs mois dans l’Union européenne, et cela pourrait continuer. La hausse reste modérée en France.
« Après une phase de stabilité autour de 460 €/t au premier semestre », le prix du lait dans l’UE à 27 a « décollé sur le deuxième semestre » 2024, indique l’Idele dans ses dernières Tendances lait-viande.
Ainsi, le prix moyen pondéré des volumes collectés dans chaque pays a atteint 517 €/t au mois d’octobre : une hausse de 74 euros sur un an, et qui « devrait perdurer ».
Cette envolée s’explique par une « hausse marquée du prix du lait ces derniers mois dans la plupart des pays européens », liée à plusieurs facteurs : « la tension sur la ressource laitière au sein de l’UE, les impacts de la FCO-3, les tensions sur le marché de la matière grasse ».
Alors qu’il a reculé en Espagne tout au long de 2024, le prix du lait a grimpé aux Pays-Bas au mois d’octobre : + 125 €/t par rapport à octobre 2023, à 535 €/t. Même schéma en Pologne : + 79 €/t sur un an, à 517 €/t.
En nette hausse depuis mi-2024, le prix du lait standard a atteint 497 €/1 000 l en octobre en Allemagne (+ 93 €/octobre 2023), soit 45 € au-dessus du prix français, dont la hausse ces derniers mois reste « beaucoup plus modérée qu’ailleurs en Europe ».
La collecte laitière européenne a progressé de 0,3 % sur les dix premiers mois de 2024, avec des écarts importants selon les pays, souligne l’Idele.
L’Irlande a enregistré une forte reprise en octobre (+ 14,8 %/2023) après une année difficile, tandis que l’Allemagne et les Pays-Bas ont subi des baisses de respectivement 2,2 % et 1,6 % par rapport à octobre 2023, surtout à cause de l’impact de la FCO-3 et de la météo défavorable. Bien que freinée dans l’Est par la maladie, la collecte globale française a gagné 1,1 % entre octobre 2023 et octobre 2024.
La Pologne a de son côté continué dans « sa dynamique positive de production laitière débutée il y a dix ans », et contribué à stabiliser la production européenne. Sa collecte a grimpé de 3,3 % en octobre, et de 2,8 % sur dix mois. Son offre dépassant la demande intérieure en fait « un pays clé dans les exportations de produits laitiers ».
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