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Paroles de lecteursLes marchés laitiers dans 10 ans ? Plus en France !

Donnez votre avis en commentant l'article ! (©Pixabay // Création Terre-net Média)
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Alors que la Commission européenne a sorti ses prévisions sur les marchés laitiers dans 10 ans, les lecteurs de Web-agri prédisent, eux, qu'il n'y aura plus d'éleveurs, donc de lait produit en France, en 2033.

« Comment peut-on faire des prévisions sur 10 ans alors que personne ne peut prédire le prix du lait dans 1 an ? », se demande Lau, après avoir lu l'article Perspectives 2022-2032 − À quoi ressembleront les marchés laitiers dans 10 ans ?

jo estime que « tous les pseudo spécialistes se sont toujours plantés dans leurs prévisions, car ils ne connaissent pas le métier d'éleveur et ses contraintes ».

Il pense plutôt « qu'à horizon 10 ans, la production laitière française sera divisée par deux vu les nombreux départs en retraite chez les producteurs de lait, et les difficultés à installer des jeunes et à recruter des salariés en élevage (...) ».

« Impossible déjà de prévoir à un an »

« Voilà le retour des guignols de l'info agricole ou de Madame soleil ! (...), lance Tetrapac. Les seules personnes capables de prévoir l'avenir des marchés laitiers ont les bottes au pied du lundi au dimanche. Il suffit de lire les commentaires pour s'en rendre compte : en 2033, il n'y aura plus rien − ni production ni éleveur − à part des experts qui chercheront une nouvelle filière à abattre. »

Le retour des guignols de l'info agricole...

Bouboule ironise : « C'est bien d'anticiper un prix du lait de 450 €/1 000 l qui couvrirait les charges ?? Comment connaître le niveau des charges à venir ??? (...) » Il rejoint @Tetrapac : « L'élevage va baisser de 10 %/an et non pas de 0,2 % comme annoncé et en 2033, il ne restera plus que quelques producteurs en AOC ou AOP... »

Jett rebondit : « La même étude, il y a deux ans, donnait des conclusions très différentes. À l'époque, la Commission européenne n'imaginait pas un prix du lait de 450 €/t. Alors elle ferait mieux de s'occuper des problèmes réels d'aujourd'hui plutôt que de ceux, éventuels, de demain. »

« Une baisse bien plus forte qu'annoncé »

De toutes façons, pour Steph, « à 450 €, la marge pour l'éleveur n'est pas plus grande vu la hausse des coûts de production en élevage ». Lui aussi considère que « la diminution de la main-d'œuvre entraînera une baisse importante de la production de lait. » « À moins que les bureaucrates se mettent à bosser dans les fermes, plutôt que de sortir des analyses idiotes, plaisante-t-il. Mais c'est tellement plus facile de dire que faire les choses... »

« La Commission a oublié d'analyser la main-d'œuvre, suggère Jmb67. Il n'y aura plus personne pour traire les vaches et l'Europe deviendra importatrice de produits laitiers pour nourrir sa population. »

Sauf si les bureaucrates viennent bosser à la ferme !

« Quel jeune voudra devenir éleveur ? »

steph72 est globalement du même avis : « (...) Si on ne rééquilibre pas les marges en faveur des producteurs, dans 10 ans, il en restera la moitié voire moins. Quel jeune voudra devenir éleveur avec un si gros capital emprunté et une rémunération à un demi smic horaire ? (...) »

« Dans les communes environnantes », moi-même constate que « les producteurs laitiers arrêtent un et un, comme les usines de collecte et transformation ». « Inverser la tendance » lui semble « impossible avec la concurrence des pays voisins, les Pays-Bas » entre autres. « Les pays spécialisés ont pris une telle avance que la France va disparaître du marché laitier », juge-t-il.  

Patrice revient sur la jeune génération qui, d'après lui, « (...) ne va pas continuer à engraisser un système qui contribue à enrichir les autres et à appauvrir les éleveurs ». « Aujourd’hui, trouver un boulot aux 35 h, ce n'est pas un souci pour un paysan habitué aux 70 h ! », insiste-t-il. « (...) Le plus important actuellement n'est pas de bien se nourrir mais de paraître, donc de payer la nourriture pas cher. Alors je ne vois pas d'autres issues que de nombreuses cessations laitières dans les années à venir, d'autant plus avec les sécheresses à répétition... »

« Entre les cessations et la sécheresse... »

Alors quand le Cniel affiche une collecte laitière en recul de 3 % en décembre, Pierre est dubitatif : « Même avec ces chiffres-là, les laiteries vont encore trouver des arguments bidons pour augmenter le moins possible le prix du lait : réduction de la consommation, augmentation du gaz... »

steph72, plus radical : « Ces données sont fausses, la diminution est bien plus forte, entre l'augmentation des cessations et le maïs de mauvaise qualité qui a fait chuter la production de beaucoup d'élevages. »

Bouboule n'y croit pas non plus. « Peut-être que les industriels ont surcompensé par des importations ? », envisage-t-il avant de dire sur un ton catégorique : « Entre les cessations et la sécheresse, il est évident que le repli de collecte est bien supérieure. Et puis l'azote a doublé, le GNR aussi, le soja est à 600 balles, etc. En 2023, le lait et la viande, eux, ne vont pas doubler ! »

« Moins de producteurs = moins de lait », c'est indéniable pour did. « Les laiteries vont commencer à pleurer ! », espère-t-il.

« Un prix lait qui reste trop bas »

Salut attend, quant à lui, de savoir « quelle sera la différence de revenus entre les producteurs laitiers français et leurs collègues européens ».

« Nos voisins, eux, vont limiter la perte de production. Chez nous, les prix ne compensent qu'en partie la hausse des charges, c'est-à-dire qu'ils aurait dû être beaucoup plus élevés... », analyse steph72.

Contrairement à nos voisins européens.

Aurélien s'interroge : « Parle-t-on du prix de base ou total ? » Il témoigne : « En Bretagne, chez Sodiaal, le prix de base est à 420 € en octobre, novembre, décembre. Donc très loin des 450 € ! Avec TB, TP, etc., c'est 459 € sur octobre, soit à peine 9 € de plus. Bref, un prix pas rémunérateur au vu de toutes les augmentations chez nos fournisseurs (...) »

« Il a fallu une explosion des charges pour faire progresser l'ipampa. La rémunération de notre travail n'est pas une charge, mais du bénévolat car l'ipampa n'en a jamais tenu compte ! (...) », détaille forza.

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