Menu

Paroles de lecteursVisite du ministre au Space: « Cessez le bla-bla, des actes et un calendrier ! »

Et vous, qu'avez-vous pensé du <strong>discours du ministre de l'agriculture au Space</strong> ? Dites-le-nous en commentaire.<br />(©Terre-net Média)
Et vous, qu'avez-vous pensé du discours du ministre de l'agriculture au Space ? Dites-le-nous en commentaire.
(©Terre-net Média)

Comme chaque année, le ministre de l'agriculture a inauguré le Space, une première cependant pour Marc Fesneau, nommé il y a quelques mois. Les éleveurs et lecteurs de Web-agri sont, eux, chaque année plus amers face au manque de rémunération, à l'accumulation des normes et contraintes, aux attaques contre l'élevage, etc. Une amertume exacerbée ces derniers mois par la hausse des intrants et la sécheresse. Et par le soutien jugé insuffisant de l'État. Rien de particulier non plus annoncé au Space, selon eux. Pourtant le ministre y est resté une journée ! Même s'ils s'y attendaient, la déception est grande.

Comme bon nombre d'éleveurs, Sébastien Lecoustey déplore surtout que rien de concret n'ait été annoncé sur « le prix du lait ».

« Les politiques n’ont aucun pouvoir sur le prix du lait. Ce sont des voix qu’ils cherchent dans les salons ! », répond Stéphanie Boulé Belliard qui, elle aussi, attend « maintenant des actes ».

Comme Ludovic Lemonnier. « Trop d'années qu'on entend de belles paroles ! », lance-t-il.

Rien sur le prix du lait !

Face aux difficultés croissantes des éleveurs, « pas de bla-bla, des actes et le calendrier des mesures ! », exhorte Alain Gaudain.

« Si seulement vous pouviez dire vrai ! Mais le pragmatisme politique est limité... », insiste Heike Roze.

« Trop d'années de belles paroles ! »

«  Que du vent, aucune avancée ! Quels objectifs à plus long terme, quelle stratégie, quels moyens ? Rien ! », confirme Jean-Louis Lemoine.

« Faudrait déjà qu'il sache de quoi ils parlent », enchaîne Christophe Le Put.

À croire qu'ils « ne se rendent pas compte du sinistre agricole qui arrive », appuie Momo. Avec la flambée des prix et la sécheresse, « si rien n'est fait, beaucoup d'éleveurs ne passeront pas l'hiver. Il faut de l'argent, et tout de suite, pas dans six mois... », martèle-t-il.

Quelle stratégie, quels moyens à plus long terme ?
"Anticiper" n'est pas dans leur vocabulaire...

« Les mots "prévoir" et "anticiper" ne sont pas dans leur vocabulaire », fait remarquer Didier Thierry.

« Malheureusement, vous risquez d'attendre encore. Peut-être bougeront-ils quand davantage de produits manqueront dans les magasins ? », rétorque Marie-Cécile Jacquel.

« Un bobo parigot de plus, sorti de Science Po, venu prêcher la bonne parole, estime Serge Collet à propos du ministre de l'agriculture Marc Fesneau. Et on espère encore des miracles... »

« À voir les stands et le matériel exposé... »

« Va falloir arrêter de croire au Père Noël, amis éleveurs », conseille Jean-Michel Plaud.

« Nous n'y avons jamais cru. Nous ne comptons que sur nos bras et notre gestion de nos exploitations », réplique Marie-Cécile Jacquel.

« Avec des coûts horaires, des taxes et des réglementations qui s'alourdissent d'année en année, les éleveurs ne sont et seront jamais compétitifs ! D'où le découragement actuel, conduisant à toujours plus de cessations d'activité !! », alerte Dede Bru.

« Dans les salons, le pourcentages de râleurs est souvent sur-representé », objecte Gil Chavallier.

« Cela fait des années qu'ils promettent des jours meilleurs, s'énerve Christophe Le Put. qui se demande « pourquoi continuer d'installer des jeunes en élevage ». « Pour nourrir tous les parasites qui vivent sur notre dos, et bien ?, ironise-t-il. Il suffit de voir les stands au Space alors que tout augmente. »

Marie-Cécile Jacquel s'interroge également sur les matériels exposés au salon, dont « les prix hallucinants, jusqu'à 150 000 à 200 000 € HT ». Elle revient sur le discours de Marc Fesneau au Space : « C'est ça qu'il a dit aux producteurs laitiers qui ont arrêté l'élevage, voire changé de métier ? »

« La réalité dans les élevages, pas au salon »

« Avec tout ce qu'on demande aux agriculteurs ! », s'agace Yveline Yveline.

Outre les politiques, « c'est peut-être aussi aux consommateurs de bouger », suggère Marie-Cécile Jacquel

Pascal Limoux souhaite malgré tout que « certains aient pu montrer au ministre la réalité du métier d'éleveur ». 

Régis Jardin pense d'ailleurs qu'Emmanuel Macron aurait dû venir au Space : « C’est là qu'il aurait dû affronter la réalité de l’agriculture, plutôt que dans le Loiret (aux Terres de Jim, NDLR) où il ne risquait rien. »

Pour connaître la situation des agriculteurs, « il faut fouiner dans les campagnes et trouver des exploitants qui parleront de leur travail, de leurs problèmes. Mais pour ça, il faut chercher. Ceux qu'on entend le plus ne sont pas toujours ceux auxquels les politiques devraient s'adresser », estime Marie-Cécile Jacquel.

« Bientôt 40 ans que le Space existe et toujours de beaux discours, les mêmes syndicats qui orientent la politique agricole nationale, et des paysans de moins en moins nombreux à faire fonctionner le système. Pourquoi ne pas boycotter le salon ? Les éleveurs sont-ils à ce point naïfs pour se faire entuber à chaque fois ? », conclut Lau.

Réagir à cet article

Sur le même sujet