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Paroles de lecteursVotre préoccupation de l'été 2022 : la sécheresse...

Historique par son ampleur et sa durée, la sécheresse 2022 est au centre des échanges des lecteurs de Terre-net. (©Pixabay // Création Terre-net Média)
Historique par son ampleur et sa durée, la sécheresse 2022 est au centre des échanges des lecteurs de Terre-net. (©Pixabay // Création Terre-net Média)

Des résultats de moisson hétérogènes selon les endroits, des cultures de printemps très impactées, des conséquences sur les semis de celles d'automne : les craintes des lecteurs de Terre-net, suite à plusieurs mois très secs, sont nombreuses. Pas étonnant que ce soit leur sujet majeur de discussion ces dernières semaines, même si des précipitations sont tombées ces jours-ci.

« Quatre mois historiquement secs et plusieurs canicules successives : 2022 est vraiment une année hors norme. » mylos dresse le bilan de la situation climatique qui perdure en France depuis le printemps et inquiète de plus en plus les agriculteurs et lecteurs de Terre-net. Certes la pluie est revenue ces jours-ci, mais pas partout. Encore bien insuffisante dans de nombreuses régions, c'est un véritable déluge qui s'est déversé dans d'autres.

Michel Bodolec craint d'ailleurs que la météo hivernale soit tout aussi « catastrophique », avec cette fois « des inondations et tempêtes à répétition ». Avant de se préoccuper de ce que le ciel nous réserve pour l'hiver, revenons à la sécheresse, principal sujet de discussion du moment sur Terre-net (cinq des six articles les plus commentés actuellement sur le site portent sur ce thème).

« Pas d'illusion à se faire en maïs »

Après avoir impacté la moisson 2022, entraînant des baisses de rendements plus ou moins importantes selon les endroits, mais aussi des feux de champs comme en témoigne le Paroles de lecteurs Sécheresse, canicule, feux, qualité, rendements... Votre moisson 2022 !, ses conséquences sur les récoltes de maïs, tournesol, betteraves et pommes de terre sont d'ores et déjà visibles. Yannick Mahé n'est guère optimiste : « Vu la tronche des épis, il n'y a pas beaucoup d'illusions à se faire. »

Les silos seront loin d'être pleins !

« Il est tout séché », confirme Mimoun Boujemaoui. « Les séchoirs vont se reposer cette année ! », ironise Sylvain Season's. « En revanche, les silos seront loin d'être pleins… », rétorque Nico Lh. « M'en parle pas, les grains partent en miettes dans certains secteurs... », réplique Sylvain Season's. « Mon maïs est parti il y a trois semaines en ensilage pour une métha », indique Jonathan Franiatte.

« Ni pour les autres cultures de printemps »

Même le tournesol a pris cher, poursuit moi-même. « 50 % des graines des capitules sont vides, parfois plus. Que les cours restent ou non à 800 €/t, va falloir gérer les intrants ! » Quant aux pommes de terre, avant de penser au prix et à les vendre, « faudrait déjà pouvoir les arracher ! Impossible dans de la terre dure comme du béton... », fait remarquer patatier. Son assolement pour 2022-23 est déjà arrêté : « Dehors les patates, culture à risques et sans compensation financière ! » Idem pour les betteraves : si ça continue, lorsque « les sucreries voudront démarrer les arrachages, ce sera 50 % de casse de racines ! », redoute Michel Louis. « Les cultures de printemps ont leur part de risque et ça va s'accentuer ! », met en garde rêveur.

Quant au semis, de colza notamment... 

Suite à l'appel à témoignages que Sophie, notre journaliste cultures, avait lancé il y a quelques semaines demandant où vous en étiez dans vos semis de colza 2022, beaucoup attendaient « un coup de pouce de la pluie ». Enfin « un coup de pouce, c'est peu dire... », selon Alain Mériau. Chez plusieurs lecteurs en effet, comme Frédéric Ligiot en Côte-d'Or, il était jusque-là « impossible de semer du colza ». Celui de Guillaume Soyeux est « toujours dans le sec ». « Le mien est dans le sac ! », renchérit Nicolas Bacquet.

« Semer, on peut toujours mais s'il n'y a pas d'eau, ça ne poussera pas », commente Clément Bongiorni. « Faudrait de la pluie, suffisamment et vite parce qu'une levée au mois de novembre, ça va faire juste pour être à 4 feuilles avant l'hiver », fait observer, non sans ironie, Mathieu Pister. Sans précipitations suffisantes, « ce sera des légumineuses à la place, ou de la jachère », déclare Éric Dupré. « On n'est pas sûr non plus de réussir à semer de l’orge d’hiver à l’automne », ajoute Simon Dauster.

Le mien est encore dans le sac !

Des mesures inadaptées et trop tardives

Le 22 août, le ministre de l'agriculture a présenté les premières aides pour les agriculteurs victimes de cette sécheresse historique : avances Pac supérieures, prises en charge et reports de cotisations sociales, exonération de la TFNB, dérogation pour l'implantation des SIE (dates décalées, suspension de l'obligation)... Des dispositifs jugés peu adaptés à la gravité de la situation selon les lecteurs. « Au ministère de l'agriculture, on change les ministres mais pas le tiroir des dossiers "sécheresse ou calamités agricoles". Toujours les mêmes mesures inefficaces... », déplore, en particulier, Terminé.

Des décisions aussi trop tardives, estiment certains : « On arrive à la fin de l'été, les dégâts sont là. Le temps que les mesures se mettent en place, de l'eau sera passée sous les ponts », à défaut de tomber dans les champs, appuie jean. « Les avances Pac et reports de cotisations sociales ne coûtent rien à l'état », constate Popeye. « On va juste toucher la Pac avec 1,5 mois d'avance ! », se réjouit faussement Mac et Kate qui prône plutôt des aides à l'hectare et à l'animal.

On va juste toucher la Pac avec un mois d'avance !

Mais ce sont surtout les dérogations sur les SIE qui posent question. Là encore, Éric Dupré considère que cela vient « un peu tard » car il avait déjà « implanté les SIE malgré la sécheresse, la date butoir étant le 20 août dans la Marne ». Agri exaspéré est comme son pseudo :  « Interdiction généralisée d'irriguer mais dérogation pour les SIE au cas par cas selon les territoires ! » Alex He est du même avis : « Très compliqué et mal cadré ». Julien Porthaut préconiserait plutôt « d'agir sur les causes et pas seulement sur les conséquences des sécheresses ». « Les conséquences, il faut des millions, les causes des milliards... », répond Yann Bethouart. « Il faut surtout sortir de la politique du court terme », insiste Julien Porthault.

Crispation autour des réserves d'eau

Jacques Le Pogam rappelle qu'il faut « développer les bassines et stocker les pluies hivernales ou faire des forages ». « C'est simplement du bon sens », souligne-t-il. « La France est le seul pays au monde qui détruit ses réserves d'eau pour lutter contre les sécheresses », déplore Laurent Denise. Alors le fait que le député Julien Bayou (EELV) encourage la destruction des réserves d’eau a eu du mal à passer. « Quand un élu de la République cautionne se genre d'action, il doit être demis de ses fonctions. Et envoyé dans le désert, sans eau, on verra le temps qu'il tiendra », suggère Gérard Marchesi. Estelle Tillement est également choquée : « Prôner et encourager la dégradation des biens d’autrui est interdit ». « Comment un élu peut-il avoir une vision aussi minable de la gestion de l'eau », s'interroge Julien Daguzan. « Oui des fabricants de désert », conclut Mayeul Chabot.

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