Menu

Système herbager en laitLes Jersiaises de la Haute-Folie (50) font grimper le prix à 602 €/1 000 litres

Au Gaec de la Haute-Folie (50), les deux associés élèvent 170 Jersiaises dans une exploitation bio basée sur l'herbe. Avec des taux exceptionnels (58 g de TB et 39 g de TP), la paie de lait dépasse les 600 €/1 000 litres.

Cliquez sur l'image pour lancer la vidéo

Installés à Sainteny dans la Manche (50), Marc Dugay et Stéphane Zéwé, deux beaux-frères associés, sont à la tête du plus gros élevage de Jersiaises de France : le Gaec de la Haute-Folie. Et pourtant, la stabulation des 170 vaches était plutôt déserte lors de notre rencontre. C’est normal, les animaux passent la majeure partie de leur temps dehors. Ils ont à leur disposition 113 ha de prairies à pâturer ou destinées à la fauche.

Passer des Prim’holsteins aux Jersiaises

Avant 2010, l’élevage était plutôt rempli de vaches noires. Le troupeau de Prim’holsteins a été remplacé par des Jersiaises. Les associés ont préféré vendre les vaches pour repartir sur de nouvelles bases en race pure plutôt que de s'orienter vers le croisement : « Il valait mieux valoriser le bon troupeau de Prim’holsteins et démarrer rapidement avec des animaux forts en taux », explique Stéphane. Et des taux, il y en a ! Les vaches produisent en moyenne 4 500 litres, 58 g de TB et 39 g de TP. Cela permet aux éleveurs de toucher une prime de 120 €, ce qui donne un lait payé à plus de 600 €/1 000 litres (380 € de prix de base + 120 € de prime pour les taux et 100 € de prime bio).

Les vaches ont pour grande qualité de durer dans le temps. Actuellement, le troupeau comprend environ 25 vaches qui en sont à leur 6e ou 7e veau. Cette longévité est due à une bonne morphologie des animaux. La première cause de réforme reste la non reproduction. De ce fait, les éleveurs (qui inséminent eux-mêmes) sélectionnent d’abord l’aspect matières utiles puis la fertilité en second plan et enfin la santé des membres. Seules les génisses sont inséminées en sexées. Les veaux mâles sont tous vendus via des petites annonces à des particuliers.

Une contrainte environnementale transformée en atout

Le choix de la Jersiaise n’est pas arrivé par hasard. L’élevage a été classé en zone «  Natura 2000  » (site naturel protégé) car il entre dans le périmètre de captage des eaux de population. Il est alors contraint au niveau des nitrates, pesticides et en chargement des animaux. C’est pour cette raison qu’il s'est converti à l'agriculture biologique en 2010 avec un système basé sur l’herbe. La Jersiaise était alors selon les éleveurs la race qui valorisait le mieux l’herbe et le plus longtemps possible.

Concernant la conduite fourragère, l’exploitation dispose de 123 ha dont 10 de maïs et 113 de prairies. Ces dernières sont multi-espèces (12 à 13 variétés au total dont la fétuque, le ray-grass italien, le ray-grass anglais, le ray-grass hybride, le trèfle violet, le trèfle blanc, le trèfle géant, le paturin, la luzerne, etc.). L’élevage a fait bâtir en 2011 un séchoir en grange d’une capacité de 500 tonnes divisé en 4 cellules. Pour 280 000 € dont un tiers a été subventionné, le séchoir permet de nourrir les animaux toute l’année à l’herbe et/ou au foin, ce qui reste une priorité pour l’élevage. Il permet enfin de garder une qualité du foin importante.

La Jersiaise en hausse dans l'hexagone

En vingt ans, les effectifs de la Jersiaise ont quasiment été multipliés par sept sur le territoire français (l'OS comptait 1 287 vaches au contrôle laitier en 1997, contre 8 845 fin 2017). Elle est surtout appréciée pour la qualité de son lait et se classe même première race laitière pour la protéine. En moyenne, les éleveurs ont une plus-value de l'ordre de 100 € grâce aux taux (60/40). Ces hautes valeurs confèrent au lait de Jersiaise de réelles aptitudes à la transformation fromagère. La race est fortement utilisée en Nouvelle-Zélande pour le croisement Kiwi (Holstein x Jersiaise) qui permet de combiner la productivité, les taux et la morphologie.

C'est une vache qui valorise très bien son alimentation. Ne faisant que les 2/3 du poids d'une Holstein (atout indéniable pour le pâturage), elle a une ingestion de MS au kg de poids vif supérieure. Elle est également capable de vêler dès ses 22 mois avec des moyennes de race plutôt bonne : 25,9 mois d'âge au vêlage, 98 % des vêlages sans assistance, IVV de 411 jours, coefficient de paillette de 1,7 (source BGS). Enfin, la Jersiaise dure dans le temps puisque la moyenne d'âge à  la sortie d'un troupeau se situe à 6,2 ans.

Rédactrice en chef de Web-agri

Réagir à cet article

Sur le même sujet