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En élevageEnvolée des prix du tourteau et risque de pénurie

Comptez-vous revoir votre stratégie alimentaire face à l'envolée des prix ? (©Terre-net Média)
Comptez-vous revoir votre stratégie alimentaire face à l'envolée des prix ? (©Terre-net Média)

La guerre en Ukraine a déclenché une envolée des prix. Et lorsque les céréales flambent, les cours des tourteaux aussi.

Le tourteau de soja a dépassé les 600 €/t, celui du colza avoisine (et dépasse même par endroits) les 400 €/t. Depuis le début de la guerre en Ukraine, les cours connaissent une flambée historique.

De fait, les expéditions au départ des ports de la mer Noire ont été stoppées net, ce qui a brutalement réduit les disponibilités mondiales en céréales mais aussi en tournesol et en colza, d’où l’explosion des cours pour l’ensemble du complexe oléagineux (graines, huiles et tourteaux).

Exports d'huile, tourteaux et graines depuis la Russie et l'Ukraine
Exports d'huile, tourteaux et graines de tournesol qu'il restait à exporter à la Russie et l'Ukraine sur la deuxième partie de la campagne de commercialisation. Les deux pays représentent près de 80 % des exportations mondiales d’huile de tournesol. (©FranceAgriMer, données Trade Data Monitor, CIC et USDA)

Les mesures prises en réponse au conflit (embargo américain sur le pétrole russe, restrictions à l’export de palme en Indonésie) alimentent cette envolée, catalysée aussi ces derniers jours par la dégradation des perspectives de production de soja en Amérique du Sud.

Sur Web-agri, notre expert marché alerte : cette flambée des prix de l’alimentation animale, en plus de celle des engrais et de l’énergie, « vient mettre à mal la santé financière des élevages (…), ce qui pourrait provoquer un déclin forcé des achats à moyen terme ».

Au-delà des prix, il s'inquiète des disponibilités : « La flambée des prix de l’énergie ainsi que le risque de pénurie de graines pourraient également fortement limiter l’appétence de production des usines ces prochaines semaines, voire mois. »

Mise à l'herbe et recherche d'autonomie

Selon un récent sondage paru sur Web-agri, près de 60 % des éleveurs comptent modifier leurs stratégies d'approvisionnement face à la hausse des prix de l'aliment. Un éleveur témoignait récemment à ce sujet : avec l'envolée des cours des céréales, il revoit même sa copie quant à l'utilisation des coproduits dans la ration.

Alors que la FNSEA et le ministre de l'agriculture appellent à produire plus pour « éviter une crise alimentaire mondiale », des ONG et des représentants du monde agricole dénonçaient hier les pressions pour une « agriculture productiviste ».

« Heureusement », si on peut se permettre ce terme, cette situation survient alors que les vaches rejoignent progressivement leurs herbages, comme chez Benoit en Picardie :

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