Et, comme toujours, les tensions semblent vives. Ce round 2025 se distingue toutefois des précédents. D’une part, l’inflation s’est calmée, ce qui incite les distributeurs à demander des baisses de prix significatives. D’autre part, faute de gouvernement stable, l’État s’investit moins dans le suivi de ces négociations. S’y ajoute le fait que la concentration de la distribution se poursuit, accentuant le déséquilibre des forces entre les acteurs.
« Dans un bel ensemble, ce qui est nouveau, les distributeurs réclament tous des baisses de 4 à 5 % sur les prix des produits laitiers, s’alarme François-Xavier Huard, Pdg de la Fédération nationale des industries laitières (Fnil). Certains vont jusqu’à ne pas reconnaître la non-négociabilité de la MPA [matière première agricole], ce qui est illégal. » De leur côté, les industriels veulent obtenir des hausses de 2 à 3 %. « Le prix du lait doit rester élevé pour couvrir les coûts de production et préserver l’avenir du métier. La hausse des charges des industriels doit aussi être prise en compte, les salaires ont augmenté de 15 % en trois ans. » Le premier comité de suivi de ces négociations ne s’est tenu que le 20 janvier, alors que celui prévu en décembre avait été annulé, du fait du contexte politique.
Les contrôles vont s’accentuer
La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a tenu à signaler, dans un communiqué, que « les contrôles ont déjà démarré et vont s’accentuer ». Elle n’a pu que constater « les divergences d’analyses entre les acteurs », et les « fortes tensions qui en résultent ». Un deuxième comité de suivi devrait se tenir en février. Ces comités de suivi ont le mérite de « mettre un peu d’ordre », selon la Fnil. La DGCCRF y assiste et peut lancer des audits et des contrôles. En 2024, ceux-ci avaient débouché sur des amendes administratives pour non-respect du Code du commerce. Rien de tel cette année pour le moment.
Face à ces difficultés persistantes dans les négociations, le projet de consolider la loi Égalim reste d’actualité pour le gouvernement. De plus, dans le cadre de la révision de la directive européenne sur les pratiques commerciales déloyales, « la France veut porter la demande d’Égalim européen ».
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