La Fédération nationale bovine (FNB) a appelé mercredi les éleveurs « à retenir, au maximum, leurs animaux en ferme » comme moyen de pression face aux abatteurs et distributeurs pour obtenir un prix de vente qui ne soit plus inférieur à leurs coûts de production.
« Contre toute logique de marché, le prix payé aux éleveurs continue de baisser », déplore la FNB dans un communiqué, « alors que les consommateurs achètent de plus en plus de viandes bovines françaises en grandes surfaces et en boucheries ».
Fin mars, la Fédération avait demandé au ministre de l'agriculture Didier Guillaume d'instaurer « pendant toute cette période d'état d'urgence sanitaire (...) un prix minimum payé aux éleveurs à hauteur de notre coût de production ». La FNB soulignait alors que les animaux étaient vendus « à un prix inférieur d'1 euro du kilo, en moyenne, à [leur] coût de production ».
Le prix de la viande bovine devrait être au minimum à 4,89 euros le kilo, selon un indicateur mis en place par la filière à la suite de la loi Alimentation (Égalim) en 2018. Or les éleveurs se voyaient proposer la semaine dernière 3,71 euros le kilo à l'entrée à l'abattoir, d'après des chiffres communiqués par la FNB à l'AFP.
La FNB appelle les éleveurs « à retenir leurs animaux en ferme »
N'ayant pas obtenu de réponse du ministre, la FNB appelle les éleveurs « à retenir leurs animaux en ferme », et donc à suspendre leurs ventes, tant qu'ils n'obtiennent pas ce relèvement du prix.
C'est « une décision difficile à prendre pour les éleveurs, car nous avons à cœur de continuer à proposer aux citoyens des viandes de qualité. Mais c'est aussi, malheureusement, la seule option qui nous reste, aujourd'hui », affirme le président de la Fédération Bruno Dufayet dans le communiqué.
Il ajoute : « Alors que le gouvernement semble faire de la souveraineté et l'indépendance alimentaires de la France une priorité, cela devrait commencer par assurer le maintien de notre production agricole, en permettant aux éleveurs de vendre leurs animaux à un prix couvrant leur coût de production ! »
Dans son allocution lundi, le président Emmanuel Macron a notamment déclaré : « Il nous faudra rebâtir une indépendance agricole. » En octobre, lors du sommet de l'élevage, il avait pris la défense des éleveurs face à l'acteur dominant du monde de la viande, le groupe Bigard. « Il y a un acteur qui vous achète la viande au prix le plus bas possible pour faire sa rentabilité, il faut qu'on arrête avec ce système », avait-il dit.
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