Le président français Emmanuel Macron a salué samedi la conclusion d'un vaste traité de libre-échange entre l'Union européenne et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay), tout en se disant « vigilant » sur sa mise en œuvre.
« Cet accord est bon à ce stade, il va dans la bonne direction mais nous serons très vigilants », a-t-il déclaré, en marge du G20 au Japon. Il a ajouté vouloir « lancer une évaluation indépendante » de ce pacte. « Cet accord, à ce stade, est bon compte tenu du fait que toutes les demandes que nous avions formulées ont été intégralement prises en compte par les négociateurs », a dit le chef de l'Etat au cours d'une conférence de presse. Car « il reconnait nos indications géographiques, ce qui est extrêmement important pour nos agriculteurs, comme aucun autre ne l'a fait précédemment.
Ensuite parce que les trois critères que nous avions posés sont reflétés par le texte : le respect explicite de l'accord de Paris (sur le climat) », notamment par le Brésil, ce qui est une première « à ce niveau dans un texte commercial », selon lui.
« Le deuxième critère est le respect de nos normes environnementales et sanitaires » et le troisième « la protection de nos filières sensibles, dans le cadre des quotas (...) auxquels nous avions fixé des limites, en particulier pour le bœuf et sucre », a-t-il expliqué. « À cela s'ajoute un point extrêmement important : une clause de sauvegarde qui s'applique aux produits agricoles », ce qui signifie qu'« en cas de déstabilisation majeure de tel ou tel secteur, il est possible de déclencher un mécanisme interrompant la mise en œuvre » du processus, selon lui.
Il a affirmé que le gouvernement serait « très vigilant sur la rédaction finale, le processus de ratification et surtout sur le processus de suivi ». « Comme nous l'avons fait pour le Ceta (accord de libre-échange avec le Canada), je veux lancer dans les prochains jours une évaluation indépendante, complète et transparente de cet accord, notamment sur l'environnement et la biodiversité », a-t-il ajouté.
La patronne du premier syndicat agricole, la FNSEA, Christiane Lambert, a jugé « inacceptable » cet accord avec le Mercosur car il « va exposer les agriculteurs européens à une concurrence déloyale et les consommateurs à une tromperie totale ». Les agriculteurs s'inquiètent en particulier des quelque 99 000 tonnes de viande bovine que les quatre pays latino-américains devraient pouvoir exporter vers l'UE au taux préférentiel de 7,5 %, fragilisant un peu plus les 85 000 éleveurs français de vaches allaitantes.
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