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[Témoignage] Mon projet mon avenirInvestir dans l'herbe grâce au financement participatif (1/2)

Au Gaec de La Bruyassière, 70 vaches laitières Prim'holsteins et montbéliardes produisent 500 000 l de lait/an. (©Gaec de La Bruyassière)
Au Gaec de La Bruyassière, 70 vaches laitières Prim'holsteins et montbéliardes produisent 500 000 l de lait/an. (©Gaec de La Bruyassière)

Affouragement en vert, implantation d'arbres et de haies dans les pâtures, aménagement de boviducs, amélioration des chemins d'accès : David Escot, Charly Lahaye et Cédric Bouvet ont utilisé le financement participatif sur la plateforme Miimosa pour développer la part d'herbe dans l'alimentation de leurs vaches et le pâturage. Dans cet article, David explique comment il « valorise les parcelles non accessibles aux animaux » et cherche à augmenter l'ombre dans ses prairies pour améliorer leur confort en été.

Pour « valoriser l'herbe au maximum et atteindre l'autosuffisance fourragère », David Escot, installé depuis 10 ans dans la Loire, s'est « tourné vers l'affouragement en vert en complément du pâturage ». Il s'est équipé d'une faucheuse-autochargeuse pour « distribuer de l'herbe fraîche » à ses 70 vaches laitières, de race Prim'holstein et montbéliarde, produisant 500 000 l de lait/an. « Cette pratique permet de valoriser des parcelles éloignées et non accessibles aux animaux et de leur apporter une grande variété de fourrages, notamment la luzerne en période estivale », explique le jeune éleveur. 

faucheuse autochargeuse
La faucheuse-autochargeuse permet de valoriser les parcelles de fourrages éloignées et non accessibles aux animaux. (©Gaec de La Bruyassière)

Répartition rationnalisée des animaux et stockages

Il faut dire que le Gaec de La Bruyassière comporte deux sites, distants de 6,5 km. « En 2019, suite à la perte importante de foncier aux abords immédiats de l'exploitation à Saint-Chamond, et puisque l'alimentation de nos vaches est principalement basée sur le pâturage, nous avons repris une autre ferme située à St-Paul-en-Jarez avec des pâtures très intéressantes », raconte-t-il. Pour faciliter le travail, David et ses associés − sa mère et, depuis le début de l'année, un ancien salarié « très impliqué », employé auparavant à l'année à mi-temps − ont rationnalisé le plus possible la répartition des bêtes et des stockages. 

28 ha de pâtures accessibles directement.

Sur la ferme « historique » au lieu-dit La Bruyassière, choisie comme siège d'exploitation, ont été regroupés les génisses, les silos de céréales, les fourrages, le matériel, l'atelier de transformation et fromagerie. À Lachal, on trouve le troupeau laitier, et donc la salle de traite, les veaux nouveau-nés, les génisses non sevrées, les vaches avant vêlage, et des installations de stockage. « Les animaux peuvent pâturer 28 ha directement sans avoir à traverser la moindre route ou chemin public. Les parcelles sont partagées en petits îlots qui permettent de faire une rotation journalière et de proposer quotidiennement une herbe fraîche et appétente », précise le producteur.

Proposer quotidiennement de l'herbe fraîche et appétente.

david escot et ses vaches au gaec de la bruyassiere
Le confort des bovins est au cœur des préoccupations de David Escot. (©Gaec de La Bruyassière)

Plus de bien-être animal et moins d'émissions de GES

Tels sont les constats ressortis de deux audits menés par le Gaec, l'un sur le bien-être animal, l'autre pour évaluer le bilan carbone de l'exploitation. Malgré de « bons résultats » − 0,82 kg équivalent de CO2/litre de lait corrigé entre autres −, les éleveurs ont voulu « aller encore plus loin pour améliorer le confort des bovins et réduire les émissions de gaz à effet de serre ». En effet, il n'y avait aucun arbre, ni aucune haie, dans ces 28 ha de prairies pour faire de l'ombre aux animaux. « Pendant les canicules estivales comme en 2020, nous avons préféré laisser nos vaches en stabulation et les sortir uniquement la nuit », témoigne David.

Ce qui n'est pas dans la philosophie des éleveurs, qui « pratiquent une agriculture raisonnée et régénératrice, basée principalement sur le pâturage avec des animaux dehors plus de 280 jours/an ». Et même en bâtiment, les vaches laitières semblaient gênées par la chaleur. Dans leurs logettes, elles « avaient tendance à rester en station debout ». Pour garantir « un confort optimal » à leur troupeau et « diminuer encore les émissions de gaz à effet de serre » de leur élevage, c'est-à-dire « réduire l'empreinte carbone de 5,7 % minimum », les producteurs ont souhaité :

  • implanter des arbres et des haies − au moins 500 plants − à développement rapide, captant du CO2 et pouvant servir d'ombrage aux bovins (poursuite de l'aménagement paysager à proximité du Parc naturel régional du Pilat qui amène son appui technique à l'implantation) ;
  • installer des ventilateurs dans la stabulation ;
  • mettre des matelas dans les logettes.

Trois projets pour un investissement total de 33 000 € : 5 000 € pour l'achat des plans, leur plantation et protection, 15 000 € pour les ventilateurs et 13 000 € pour les matelas. Grâce au programme "Les 2 pieds sur Terre" de la laiterie Danone, David et ses associés bénéficient d'une subvention de 7 500 €. Pour le reste, ils ont lancé une campagne de financement participatif sur la plateforme Miimosa. Et ils ont largement dépassé leur objectif de départ : près de 12 000 € collectés, soit 8 000 € de plus que ce qu'ils s'étaient fixés. 

Journaliste installation/transmission des exploitations

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