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[Témoignage] Mon projet, mon avenirLe financement participatif au service du bien-être des animaux et des sols

En faisant appel au financement participatif sur la plateforme Miimosa, le Gaec du Muguet en Haute-Garonne ne pensait vraisemblablement pas pulvériser le premier palier de 1 000 € qu'il s'était fixé pour améliorer le bien-être de ses vaches et de ses sols. Pas plus que le second de 2 000 € ! Avec les 8 150 € collectés, il va pouvoir les bichonner !

Des logettes avec matelas, paillées quotidiennement, une brosse électrique en libre accès afin que les bêtes « se détendent et entretiennent leur pelage », des ventilateurs pour « maintenir une ambiance agréable dans le bâtiment » : les éleveurs du Gaec du Muguet, au pied des Pyrénées à Lavelanet-de-Comminges en Haute-Garonne, étaient déjà aux petits soins pour les 70 vaches laitières Prim'holstein qui composent leur troupeau.

« Le bien-être de nos vaches, au cœur de notre éthique du métier »

« Leur offrir un confort de vie est au cœur de notre éthique du métier », expliquent Hélène, Guy et leur fils Cyril. En outre, « un troupeau calme et en pleine santé assure une bonne production laitière (650 000 l/an avec une moyenne de 9 300 l/vache, NDLR) et des conditions de travail apaisées pour nous, producteurs ». « Passionnés par l'élevage et convaincus de son bel avenir, nous avons à cœur de sauvegarder les ressources essentielles à sa pérennité », poursuivent-ils.

C'est pourquoi, « depuis toujours », ils font évoluer leurs pratiques agricoles et investissent, dans du matériel et des équipements notamment, pour améliorer le bien-être de leurs animaux, leurs sols et leur confort de travail. Concernant les productions végétales justement, leurs 165 ha de prairies et de cultures (maïs, orge, blé, soja et colza) sont exploités en « raisonnant l'utilisation des produits phytosanitaires et des fertilisants ».

« Préserver les ressources essentielles à la pérennité de l'élevage »

couverts vegetaux
Depuis longtemps, les éleveurs implantent des couverts végétaux, « qui protègent les sols toute l’année et stockent du carbone ». (©Gaec du Muguet)

« Nous prenons le sujet très au sérieux puisqu’une partie de nos parcelles se situe en zone de captage d’eau potable prioritaire, détaillent les époux Portet. C’est d’ailleurs dans ce cadre que nous avons été sensibilisés à l’intérêt de préserver la structure des sols pour limiter le lessivage des nitrates et des phytos. » Alors cela fait longtemps qu'ils « rationalisent les apports d'engrais » via leur plan prévisionnel de fumure. Et qu'ils implantent des couverts végétaux, « qui protègent les sols toute l’année et stockent du carbone » ; ces derniers étant récoltés, ou détruits pour « régénérer la matière organique », selon les besoins fourragers annuels.

Aller plus loin vers l'agriculture régénératrice.

Mais les éleveurs ont voulu « aller encore plus loin dans l'évolution de leur système vers l'agriculture régénératrice ». Grâce au programme environnemental "Les 2 Pieds sur Terre" de leur laiterie Danone, située à Villecomtal-sur-Arros dans le Gers, il ont effectué un diagnostic Cap'2ER avec l'idele afin d'évaluer leur bilan carbone. L'objectif : réduire l'empreinte de l'exploitation de 1,01 kg éq.CO2/l de lait produit à 0,88 kg, soit une baisse de 78 t/an (9 %).

« Amélioration des couverts végétaux »

vaches laitieres prim holstein dans une prairie a forte biodiversite
Hélène, Guy et Cyril Portet ont à cœur de favoriser la biodiversité de la flore prairiale. (©Gaec du Muguet)

Pour y parvenir, les producteurs misent sur « l’amélioration de la qualité des couverts végétaux afin de protéger la structure du sol et la nappe phréatique, et de favoriser les rotations dans l’assolement, l’autonomie protéique de la ferme, la biodiversité et la préservation de l’écosystème ». Ils envisagent donc de semer :

  • Une dérobée sur 22 ha entre deux cultures de maïs, constituée de navette (piège à nitrate, structure du sol), radis (structure du sol), phacélie (structure du sol, biodiversité) et féverole (piège à nitrate, apport d'azote à la culture principale).

  • Une interculture sur 10 ha entre une orge et un soja, comprenant du sorgho piper, du pois et du trèfle afin de produire « un fourrage de qualité pour le cheptel laitier, riche en protéines », mais également de « restructurer le sol et d'augmenter son taux de matière organique ».

  • Des plantes compagnes du colza sur 15 ha.

Soit un investissement respectif de 3 230, 2 730 et 530 €/an. Parallèlement, le Gaec du Muguet souhaite installer un filet brise-vent modulable en fonction de la météo, à la place d'un des murs de la stabulation. Ceci pour garantir une meilleure ambiance lorsqu'il fait très chaud. D'où un coût supplémentaire de 9 880 €. En plus de la subvention de 7 500 € de Danone, Hélène, Guy et Cyril Portet ont lancé une campagne de financement participatif sur la plateforme Miimosa. Un succès ! Le premier palier de 1 000 € pour acheter le filet brise-vent, tout comme le second de 2 000 € pour les semis de couverts végétaux, ont été largement dépassés. Nul doute que la collecte, qui s'élève à 8 150 € − 815 % de la somme prévue − permettra aux exploitants de conforter encore leur démarche. 

filet brise vent dans stabulation d elevage
Le filet brise-vent, modulable selon la météo, garantira une meilleure ambiance en cas de fortes chaleurs. (©Gaec du Muguet)

Journaliste installation/transmission des exploitations

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