La filière laitière rencontre actuellement des difficultés en raison de la pandémie de Covid-19 : les exportations sont réduites et le marché français est saturé du fait de la disparition de certains débouchés (restaurants, cantines). Elle va aussi devoir absorber un pic de production de lait saisonnier en avril.
Dans ce contexte, la Confédération paysanne appelle à ce qu'une « réduction obligatoire des volumes soit mise en place dès à présent », dans une lettre ouverte publiée vendredi.
La production de lait doit être diminuée de 18 % en avril par rapport au même mois l'an dernier, une proportion « qui correspond au volume déjà surstocké ou détruit » chaque semaine, explique le syndicat. La semaine passée, 40 millions de litres de lait sur 220 millions collectés étaient en surplus.
Pour l'heure, ce surplus est en partie absorbé par les stocks sous forme de poudre et de beurre. Mais cette solution « pénalise les éleveurs et éleveuses » car cette accumulation de produits « se traduira par une chute du prix du lait à la ferme et ce, durant plusieurs mois voire plusieurs années après la crise », estime la Confédération paysanne.
Face à cette situation, l'interprofession laitière, le Cniel, a appelé mercredi les éleveurs volontaires à réduire leur production du mois de 2 à 5 %, contre une indemnisation de 320 euros les 1 000 litres de lait. Elle appelle également les pouvoirs publics à intervenir.
Mais pour la Confédération paysanne, « cette réduction n'est pas suffisante puisque 18 % du volume laitier est en surplus chaque semaine, et celui-ci risque d'augmenter avec le pic de production printanière ». Des obligations sont déjà mises en place dans certaines zones, comme dans le Jura (- 8 % de volume pour les trois mois à venir), selon le syndicat.
La Confédération paysanne se dit consciente de « l'effort et des sacrifices » demandés aux éleveurs mais considère que c'est « indispensable pour permettre à la filière laitière française de survivre à la crise sanitaire ». Elle appelle à la « solidarité » entre producteurs et entre entreprises.
La filière a rarement dû prendre des décisions aussi drastiques. En 2016, les producteurs français de lait avaient volontairement réduit leur production dans un contexte de surproduction mondiale et de chute des prix, contre une indemnisation décidée au niveau européen.
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