« Notre conviction c’est que, cette année, on devrait être autour d’une augmentation générale des prix autour de 1 %, à peu près », a estimé Alexandre Bompard, président-directeur général du groupe Carrefour, le 25 février, lors de son audition au Sénat dans le cadre de la commission d’enquête portant sur les marges des industriels et de la grande distribution. « Le cycle de signatures est assez soutenu, on est plutôt légèrement en avance par rapport à l’année précédente », estime-t-il. À date [25 février], 98 % des négociations auraient été conclues avec les PME, et « 87-88 % » avec les grandes entreprises, selon lui. Le 16 février, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) avait annoncé la condamnation d’Eurelec, la centrale d’achat européenne de E. Leclerc, à un montant de plus de 33,50 M€, pour 70 manquements à l’obligation de signature des conventions conclues avec ses fournisseurs français. En 2024, Eurelec avait écopé de 38 M€ d’amende pour le même motif. Et le lendemain, ce sont Casino et Intermarché qui ont été condamnés par la Cour de cassation à payer une amende de 4 millions d’euros pour « pratiques restrictives de concurrence » dans les négociations commerciales sur la période 2015-2018. Carole Humbert, directrice de la Coopération laitière, évoque « une sensation de retour en arrière. En effet, le contexte des deux années précédentes était plus favorable pour faire passer des hausses ». Les menaces de déréférencements referaient surface. Yohann Barbe, président de la FNPL, prévoit un prix de la matière première agricole (MPA) relativement stable, avec plutôt des tensions sur la matière première industrielle (MPI).
« Quelques centimes qui peuvent sauver des emplois »
Pascal Le Brun, président de La Coopération laitière et du Cniel, confirme qu’une réduction de la MPI n’aurait aucun sens : « Tout euro perdu dans les négociations est un euro en moins dans les cours de ferme. »
Le président de l’Ania, Jean-François Loiseau, interrogé sur BFM Business, tient un discours similaire : « On ne demande pas de hausses de prix abusives ; ce que nous voulons, c’est pouvoir payer correctement les salariés, décarboner, innover. […] L’alimentaire, c’est à peu près 12 % du panier moyen. On va sacrifier l’agroalimentaire pour quelques petits centimes qui peuvent sauver des entreprises et de l’emploi. » Et les tendances de ces négociations clôturées au 1er mars se ressentiront sur celles à venir concernant les marques de distributeurs (MDD).
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