La collecte laitière française continue de se redresser, tandis que la consommation stagne et que les exportations reculent. Résultat : des prix sous pression. Et le contexte mondial devrait alourdir cette tendance dans les mois qui viennent.
Après un début d’année hésitant, la collecte laitière française continue de progresser en cet automne 2025, souligne l’Idele dans ses dernières Tendances. En septembre, elle a rebondi de 4,5 % sur un an, et les enquêtes de FranceAgriMer indiquent une hausse supérieure à 5 % en octobre. Cela donne une croissance de 0,9 % sur les neuf premiers mois de l’année.
Toutes les régions françaises ont bénéficié de cette reprise de la collecte au mois de septembre, y compris dans les zones de l’Est et du Nord, « longtemps pénalisées par la FCO ».
Plusieurs facteurs « ont encouragé les éleveurs à conserver leurs animaux et à intensifier leur production » : prix du lait incitatif, fourrages 2025 de très bonne qualité, baisse du prix de l’aliment.
Le rendement laitier national a pu repartir « nettement à la hausse depuis avril, porté par l’amélioration progressive de la situation sanitaire dans les zones touchées ». Il a grimpé de 5,2 % depuis janvier 2024 (contre seulement 0,8 % en 2022 et 2023), notamment grâce aux performances de la Bretagne et de la Normandie.
Si le prix du lait a augmenté pendant plusieurs mois et restait en septembre supérieur à celui de septembre 2024 (pour le lait standard, 496 €/1 000 l contre 470 €/1 000 l), la tendance est en train de s’inverser : l’observatoire du prix du lait de l’Éleveur laitier pointe un recul des prix de 7 euros en moyenne entre septembre et octobre, et de 10 euros entre octobre et novembre.
Ce repli s’explique par « le rebond marqué de la collecte », note l’Idele, « dans un contexte où la consommation française des ménages demeure stable et où les exportations se replient ».
Chute des cours du beurre
Et cette tendance à la baisse risque de s’accentuer en 2026, catalysée par la chute des cours du beurre et des poudres.
Ces derniers mois, la production laitière soutenue dans les principaux bassins exportateurs amène de fait des disponibilités supplémentaires sur le marché mondial, qui pèsent sur les cours des ingrédients laitiers.
« Le beurre a perdu près de 40 % sur les trois derniers mois, illustre l’analyste Nicolas Pinchon sur Web-agri. Une telle correction ne peut rester sans conséquence. À mesure que les industriels ajusteront leurs prix de vente, le recul des cours se répercutera inévitablement sur le prix du lait payé aux producteurs, laissant présager une dégradation sensible des revenus à court terme. »
Du côté des charges, l’Ipampa lait de vache (50 % des coûts de production) a encore reculé en septembre (- 1,4 % sur un an), tiré par la baisse du prix des aliments achetés (-6,4 %) et de l’énergie (- 6,2 %), tandis que ceux des engrais restaient en hausse (+ 9,9 %).
Dans ce contexte, la marge Milc a atteint 275 €/1 000, soit une progression de 81 euros sur un an, sous l’effet d’une hausse de 29 euros pour le produit lait et de 47 euros pour les coproduits viande, et d’une baisse des charges de 5 euros.
Votre email professionnel est utilisé par les sociétés du groupe NGPA pour vous adresser ses newsletters
et les communications de ses partenaires commerciaux. Vous pouvez vous opposer à cette communication pour nos partenaires en cliquant ici.
Consultez notre politique de confidentialité
pour en savoir plus sur la gestion de vos données et vos droits.
Notre service client est à votre disposition par mail : serviceclients@ngpa.fr.
Stéphane Ferret : « J’exploite désormais l’herbe de façon optimale »
Veaux : de 0 à 2 mois, des fondamentaux à ne pas oublier
La Charolaise « Surmesure » sera bien au Salon de l’agriculture… mais en photo
Lely dépasse le milliard d’euros de chiffre d’affaires pour la première fois
« Je voulais une pailleuse avec des peignes pour limiter la poussière et les projections »
Quand déclencher le premier apport d’azote sur prairie ?
Chez Matthieu Carpentier, le silo libre-service va fêter ses 50 ans
Engrais, élevage, légumineuses, les enjeux d’une indépendance azotée pour l’agriculture européenne
Les industriels privés demandent l’aide des producteurs
Déclin agricole français : analyser les causes... pour préparer le rebond ?