Après une forte période de turbulence, les perspectives s'améliorent pour la filière laitière française, constate Benoît Rouyer du Cniel. Dans sa note de conjoncture, l'expert passe en revue différents éléments : les prix des produits laitiers industriels remontent, la collecte baisse, les exports français ont relativement bien résisté. Pour autant, « les perspectives sur le second semestre 2020 restent difficiles à cerner ».
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« La filière laitière se redresse après une période de fortes turbulences. Les perspectives à court terme apparaissent moins sombres qu’elles ne l’étaient au mois de mars, en amont du pic de collecte » affirme Benoît Rouyer, économiste au Cniel.
Des prix qui se redressent
Après une première phase de forte baisse entre février et avril, où le recours à l’intervention semblait plus que probable, les prix des produits laitiers industriels ont amorcé une remontée à partir du mois de mai.
Du côté de l’offre, « le pic de production en France a été bien lissé comme le recommandait l’interprofession ». Après une croissance de 2,4 % sur le premier trimestre 2020, la collecte française a fini par baisser de 0,7 % en avril. Un recul qui s’est poursuivi en mai et juin.
Perspectives incertaines
Bien qu’elles s’améliorent, « les perspectives sur le second semestre 2020 restent difficiles à cerner », temporise Benoît Rouyer. « La crise économique n’a pas encore exprimé sa pleine mesure. L’évolution du comportement des consommateurs dans les mois à venir reste donc incertaine, que ce soit en France ou dans le reste du monde. »
Et pour cause, les changements engendrés par la pandémie ont été conséquents. « Comme tous les autres secteurs économiques, la filière laitière a subi un premier semestre tourmenté », déplore le spécialiste. Le confinement et la fermeture de certains commerces et lieux de services ont profondément modifié la structuration des débouchés habituels.
Les ventes de produits laitiers à destination de la restauration hors domicile, des marchés mais aussi des rayons à la coupe des grandes surfaces, ont été en forte diminution. À l’inverse, la demande a été plus forte pour les produits de première nécessité vendus en libre-service dans la grande distribution.
L’expert note qu’ « une scission très nette dans l’évolution des ventes s’est opérée entre les différentes familles de produits laitiers ». Si le beurre plaquette, la crème en petit conditionnement, les yaourts, le lait liquide, les fromages utilisés en cuisine ont vu leurs ventes progresser, ce n’est pas le cas pour les fromages AOP, la mozzarella pizza ou les produits grand format destinés à la restauration hors domicile. « Ce différentiel de tendances apparaît de façon très nette dans l’évolution des fabrications françaises de produits laitiers du mois d’avril 2020 », explique l’expert.

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