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Inrae du Pin (61)Des vêlages groupés calés sur la pousse de l'herbe

Les Jersiaises semblent mieux adaptées au système de vêlages groupées, avec une fertilité supérieure aux Prim'holstein et Normandes de l'expérimentation. (©Terre-net Média)
Les Jersiaises semblent mieux adaptées au système de vêlages groupées, avec une fertilité supérieure aux Prim'holstein et Normandes de l'expérimentation. (©Terre-net Média)

Ça y est, les 144 vaches laitières de l'expérimentation Tripl'XL au domaine Inrae du Pin dans l'Orne ont vêlé. Luc Delaby présente le système de vêlages groupés en place et Frédéric Launay revient sur les conditions atypiques du printemps.

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28 mai 2021, 2 e épisode de la série Tripl'XL : toutes les vaches sont à l'herbe au domaine Inrae du Pin dans l'Orne (61). La condition pour sortir : avoir vêlé. En effet, le troupeau est conduit en vêlages groupés afin de caler le pic de production sur la pousse de l'herbe.

Des IA sexées et des taureaux Angus pour le rattrapage

Au Pin, les vaches sont mises à la reproduction du 21 avril au 21 juillet. Toutes les vaches sont inséminées en semences sexées durant les sept premières semaines, tout en gardant les trois races pures (Holstein, Normande et Jersiaise). Ensuite, deux taureaux Angus entrent dans la boucle pour assurer les retours durant six semaines. L'objectif : produire des veaux de croisement pour mieux les valoriser en viande.

« Nos vaches sont challengées », affirme Luc Delaby ingénieur de recherches en charge de l'expérimentation. « Elles ont trois mois pour se reproduire. Celles qui ne sont pas fécondées doivent être réformées malheureusement. On a aujourd'hui un taux de revêlage qui se situe autour de 70 %, notamment par la mauvaise fertilité des Holstein qui font baisser le résultat. On compte sur les Jersiaises, réputées plus fécondes dans ces conditions, et on vise un taux de 80-85 % d'ici la fin de l'expérimentation dans 5 ans. »

Et pourquoi pas 2 périodes de reproduction ?

« Ces vêlages groupés ont beaucoup d'intérêts mais ils génèrent un pic de travail intense pour les éleveurs. Il faut aussi assurer une fourniture d'herbe suffisante sur la période estivale, aspect qui se complique dans de nombreuses régions », avoue Luc. À avoir en tête également : la saisonnalité de la production que les laiteries n'apprécient guère.

L'expert recommande alors aux éleveurs de plutôt se tourner vers 2 saisons de vêlages de 2 mois (au printemps et à l'automne). « En tarissant la moitié du troupeau en même temps, on est mieux armé pour faire face aux période difficiles : en été où on décharge les herbages, et en hiver où on réserve les fourrages de meilleure qualité pour la moitié seulement du troupeau. » La technique présente également d'autres avantages comme la possibilité de faire du vêlage 24 mois ou 30 mois pour les primipares, la possibilité de transférer une vache vide intéressante d'une saison à l'autre plutôt que la réformer. Il faudra en revanche être rigoureux et respecter les 2 fois 2 mois de saison de reproduction et le tarissement sur un seul et même jour.

Un pâturage de printemps compliqué

Lors de notre précédente rencontre fin mars (avec une vidéo sur la conduite du pâturage tournant de 10 jours), Frédéric Launay le directeur de l'unité expérimental s'inquiétait de la météo. Il revient dans la vidéo ci-dessous sur ce printemps atypique :

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« Il a fait froid et sec, puis humide mais toujours froid, avec des gelées jusqu'à la mi-mai. On a dû rentrer les vaches la nuit pour leur apporter du fourrage à l'auge. Là, nous terminons le deuxième cycle de pâturage dans lequel nous avons été contraints d'ajouter une 4 e parcelle en plus des 3 initialement prévues. En effet, la pousse de l'herbe ne permettait pas de couvrir le besoin des animaux. »

Et depuis quelques jours, changement de scénario : « On est maintenant en train de nous faire déborder par l'herbe donc nous avons débrayé une parcelle pour la récolter en enrubannage, tout comme celles qu'on prévoit d'intégrer plus tard en saison. Preuve qu'un système herbager nécessite une certaine flexibilité ! »

Fauche de l'herbe
Après une pousse de l'herbe déficitaire en début de printemps, il faut aujourd'hui débrayer et faucher les parcelles excédentaires. (©Terre-net Média)

Rédactrice en chef de Web-agri

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