Que faire à part être autonome, face à la flambée des prix de l'alimentation animale et aux difficultés d'approvisionnement ? C'est la question que se posent les lecteurs de Web-agri. Pour certains, la conjoncture peut être l'occasion de faire évoluer les systèmes d'élevage, en intégrant plus d'herbe dans les rations. Avec le risque de pâtir davantage des sécheresses.
Avec la flambée des prix et les difficultés d'approvisionnement pour l'alimentation animale, Olmer met en garde : « Ça sent la pénurie alimentaire à plein nez ! Ça vient, ça vient... »
Popeye se demande si c'est judicieux « d'investir dans une usine d'aliment en pleine déprise de l'élevage ». « Les coopérateurs paieront encore les pots cassés », estime-t-il.
Le moment de « changer de système »
Pour Damien Berthier, c'est le moment de « changer de système d'élevage ». « L'autonomie alimentaire des exploitations, « c'est maintenant ! », lance-t-il.
Il faut que les éleveurs produisent la nourriture de leur troupeau « pour court-circuiter le système véreux actuel », exhorte également Moulin Agroequiments. « S'il y a des intéressés, j'aurai du grain en juillet », propose-t-il.
Le bonheur d'être autonome !
« Je ne vous dis pas le bonheur d'être autonome à 90 % et de ne plus dépendre » des achats extérieurs d'aliment pour l'élevage, confirme Massol.
« Si on réduisait les volumes de céréales pour les bovins, la filière serait moins dépendante », suggère Nn. « Mais derrière, il faut une volonté politique... », nuance ce lecteur.
« Cultiver l'alimentation de ses animaux »
Laurent Noirot se réfère au « bon vieux temps où les éleveurs cultivaient l'alimentation de leurs animaux » !
« Tout venait de la ferme : le foin, les betteraves fourragères, le jeune maïs vert... À époque, il n'y avait pas d'ensilage, enchaîne Chris Mar. « Mais les gens n'avaient que 10 ou 15 vaches », fait-il remarquer.
« Alors, qu'aujourd'hui, il faut du gaz russe pour produire des intrants en Ukraine livrés en France par des chauffeurs polonais. Les agriculteurs sont asservis par les firmes et toute leur panoplie de produits », poursuit Laurent Noirot.
Nos ancêtres y arrivaient, pourquoi pas nous ?
« Je retravaille actuellement ma ration pour l'an prochain : maïs ensilage, enrubannage d'herbe, enrubannage de luzerne et céréales aplaties, le tout produit sur l'exploitation, témoigne Benjamin Baudel. Le coût alimentaire pour l'élevage : les frais d'enrubannage pour l'essentiel. Je pense qu'il est possible d'être bon en revenant aux bases, nos ancêtres y arrivaient, pourquoi pas nous ? »
Nourrir son cheptel avec les productions de la ferme, « c’est certifier au consommateur une traçabilité de A à Z », complète Clément Leroy.
« Miser sur l'herbe »
« Tout ça pour faire peur et inciter les éleveurs à se couvrir alors que le soja est à la baisse », analyse René Painblan. « Les producteurs ont bien compris qu'il fallait miser sur l'herbe et l'autonomie protéique », insiste-t-il.
Thomas Tessier alerte : « Cette année, j'ai misé sur l'herbe et patatras, je suis déjà revenu en ration hivernale à cause de la sécheresse. Plus d'un mois sans une goutte d'eau... »
Et en cas de sécheresse ?
René Flandrin est du même avis : « C'est sûr, la sécheresse va vite supprimer cette bonne herbe ! »
Romain Dnt s'inquiète des « changements de formulation en fonction des arrivées de co-produits et de leurs cours ». Il s'interroge : « Comment caler convenablement une ration ? » « En matière première brute, on achète un produit, pas un prix. Même si c'est plus cher (et ça ne l'est pas toujours), je trouve ça beaucoup plus sécurisant sur le plan nutritionnel ! », ajoute-t-il.
Ronan Noella Pérennou n'est pas du tout d'accord et pense qu'il n'y a pas de problèmes de disponibilité, car « les silos sont blindés de céréales ».
Marie-Pierre Boucqpartage cette opinion : « Tout reste bloqué sur le canal de Suez, dans leurs foutus containers. Pendant ce temps-là, les armateurs font du fric sur notre dos. »
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