Menu

Paroles de lecteursAu prix de l'engrais, allez-vous fertiliser vos prairies ?

Mettrez-vous de l'engrais sur vos prairies cette année ? Dites-le nous en commentaires sous l'article. (©Terre-net Média)
Mettrez-vous de l'engrais sur vos prairies cette année ? Dites-le nous en commentaires sous l'article. (©Terre-net Média)

C'est la question du moment avec l'envolée du prix des engrais, exacerbée par la guerre en Ukraine. Si certains lecteurs déclarent qu'ils peuvent se passer de fertilisation, d'autres soulignent qu'il en faut un minimum sinon « les vaches n'auront pas grand-chose à manger », surtout l'hiver ! Quelques-uns suggèrent de mettre du fumier et/ou du lisier, de bien choisir les espèces et variétés prairiales et d'implanter plus de légumineuses. Et vous, qu'avez-vous décidé ?

Romain Carel a « préféré mettre les 40 points habituels pour garantir la production d'herbe, car s'il faut alimenter les vaches à l'auge pour compenser, au prix du tourteau... »

« Exactement ! », acquiesce Loïc Mathieu.

Denis Bruand n'est pas d'accord : « La fertilisation des prairies, un beau gaspillage, c'est pas nouveau ! »

Des engrais sur prairies : nécessité ou gaspillage ?

Fertiliser ou pas ?

« Ah bon et pourquoi ? Je ne comprends pas », s'étonne René Flandrin.

« Sans engrais sur les prairies, on voit nettement la différence ! Les bêtes n'ont pas grand-chose pour se nourrir », rétorque Mathis Lhuillier.

La rentabilité est proportionnelle aux économies.

« Et point de récolte de foin ou alors minime », ajoute René Flandrin.

Ludovic Massard est dubitatif : « À vous lire, sans fertilisant, l'herbe ne pousse pas... »

Chez Popeye, « (...) c'est zéro engrais, pâturage tournant dynamique et 10 t de MS/ha/an consommées par les vaches ». « La rentabilité est proportionnelle aux économies (...) », insiste-t-il.

S'il faut courir après les fourrages l'hiver...

« Vaut mieux mettre un peu d'engrais, même s'il est cher, que de courir après les fourrages l'hiver », conseille Sylvain Pichonnier.

« Épandez du fumier ! »

« Épandez du fumier ! », suggère Jean-Paul Jouve.

« Ça fait pas tout », estime Eidole Nilessog.

« C'est mieux que rien », renchérit Jean-Paul Jouve.

« Qu'est-ce qui manque au fumier sur prairies à part la chaux ? », demande Jérôme Prunier.

« De l'azote justement ! », réplique Guillaume Drouin.

« Dans le fumier, il y a quoi alors ? », lance Jérôme Prunier.

Ou du « lisier »

« Du N P K, répond Guillaume Drouin. Mais il n'y a jamais assez d’azote pour combler les besoins de la plupart des plantes fourragères (...). »

« Ça dépend des fumiers », nuance Jérôme Prunier. « Une prairie trop azotée ne vaut pas grand-chose non plus », poursuit-il.

Quant au lisier, « traité biologiquement », auquel on ajoute « du gypse », si « on prend ensuite une parcelle témoin, le résultat est sans appel !, explique PatriceCôté lisier, l'herbe est plus haute et plus dense que côté engrais minéral », même si « la couleur est un peu plus pâle ».

Une prairie trop azotée, ça ne vaut pas grand-chose.

D'autant « (...) qu'une partie du lisier n'est pas lessivé l'hiver dans les nappes, sauf si on en met vraiment énormément (...) car le terrain filtre les éléments et l'azote est fixé par le couvert végétal du sol !! (...) », complète Diego.

« Un minimum d'engrais »

« En bio, on se passe bien des engrais minéraux, fait remarquer Isabelle Clément. Fumier, lisier, compost, c'est la vie ! »

Pour Serge Coutarel, c'est même « le moment de revenir à une agriculture sans "poisons" ».

Sans azote, rien ne pousse !

Vincent Lavigne est plus mesuré : « Je suis pour une agriculture raisonnée. Il ne faut pas passer à l'extrême, il faut un peu d'engrais pour que ça pousse ! »

Pierre-Henri Devorsine intervient : « À vous entendre, les bio sont plus malins que tout le monde. Dans les pâtures, il faut bien un minimum d'engrais sinon votre sursemis finira par avoir faim. On voit le résultat avec les blés à 40 q et les maïs de 1 m de haut bourrés de chénopodes et de liserons ! En plus, il faut (...) tout compter : le sursemis, la perte de rendement, le prix payé en bio qui se rapproche aujourd'hui du conventionnel... Le calcul est vite fait. »

Mathis Lhuillier va plus loin : « En conventionnel, on n'est déjà pas capable de produire assez pour nous (obligation d'importation). Alors avec la guerre en Ukraine, si tout le monde était en bio, on n'aurait plus rien à manger d'ici deux ans ! »

« Bien choisir les espèces et les variétés »

Plus que la substitution même partielle des fertilisants minéraux par des engrais organiques, Isabelle Clement met en avant « le choix des espèces et des variétés dans les prairies, primordial pour pallier la non-utilisation d'azote chimique ».

« Si c'est pour sortir une botte de foin la deuxième année, cela ne te permettra même pas de payer ton fermage », met en doute Norbert Clero. « Je ne te juge pas, c'est un ensemble de plein de choses : prairies multi-espèces, qualité de sol, fertilisation, pluviométrie... Tout cela fait la différence au niveau rentabilité et rendement. » Il donne un exemple : « En Bretagne, il y a des zones très sèches. C'est pour cela que certains se sécurisent avec du maïs car leur période de pâturage est très courte. »

Ça dépend de plein de choses !

Sophie Gourinet est du même avis que @Isabelle Clément, enfin en partie : « Oui les espèces ont une grande importance. Mais selon le type de sol, il est nécessaire d'apporter de l'azote pour avoir un rendement minimum. »

Isabelle Clément ne partage pas l'opinion de @Norbert Clero sur la Bretagne : « Le climat est en général assez favorable. »

L'important : un système cohérent avec ses choix.

Sophie Gourinet enchaîne : « Il n'est pas pareil partout. Ce qui importe : avoir un système cohérent avec les espèces prairiales choisies. »

Semer des légumineuses, comme le trèfle

Pour remplacer au moins en partie la fertilisation, Apprentissage Sains Du Nord propose de « semer du trèfle pour fournir de l'azote aux prairies et avoir un fourrage plus riche en protéines ».

Patrice revient sur le lisier : « Le gros avantage : la beauté des trèfles ! » 

« Beaucoup d'éleveurs près de chez moi utilisent la fève pour apporter de l'azote notamment », témoigne Priscilla Les Jardins d'Amaïa.

La base de la résilience de nos élevages.

« (...) Des prairies riches en légumineuses afin de capter l'azote de l'air, ainsi qu'une bonne gestion des effluents d'élevage, sont la base de la résilience de nos fermes ! », confirme Nn.

Mettre des engrais, « (...) pour produire ++ ?! Moi, ça fait 20 ans que je ne le fais plus grâce au trèfle !! Avec de tels raisonnements − + d'engrais pour + de production −, il faut acheter quand même de grosses quantités d'aliments pour compléter et/ou corriger la maïs. Au passage, tu engraisses les coops... (...) », pointe Moty.

Revoir nos pratiques dans le contexte actuel.

caps « (...) rejoint le commentaire de @Moty. Il faut profiter de la conjoncture actuelle, qui va en plus durer, pour revoir l'efficience de l'ensemble de nos pratiques. Accepter de produire moins, avec ce que l'on a, est à mon avis la solution la plus raisonnable pour les exploitants agricoles. Avant de nourrir la planète, pensons à vivre de notre métier d'agriculteur. »

« Peut-être que la crise russo-ukrainienne nous ouvrira les yeux ! À suivre... », espère aussi Patrice.

Réagir à cet article

Sur le même sujet