« Cédant et repreneur doivent être à l’écoute l’un de l’autre, sur la même longueur d’onde, assez ouverts. Il faut surtout du dialogue, ne pas garder ses questions pour soi, d’un côté comme de l’autre. Avec mon cédant, on a beaucoup échangé, c’était cool ! », raconte Sarah Louvel.
Jeune éleveuse depuis sept mois, elle a témoigné sur le stage de parrainage en élevage au Space 2024, lors d’un café installation/transmission organisé par la chambre d’agriculture de Bretagne à l’Espace pour demain, dédié cette édition au renouvellement des générations.
« Faire passer ses idées en prenant des pincettes »
« L’agriculteur prêt à céder sa ferme ne doit pas être réfractaire aux propositions du repreneur, à ses idées nouvelles, ses projets, ses objectifs, même si bien sûr nous ne sommes pas encore chez nous. Car on joue notre future carrière ! », lance-t-elle, tout en ayant conscience que le successeur doit « se montrer conciliant, pour que ça se passe au mieux, et parce que ce n’est pas simple pour le futur retraité de tourner la page. »
« À lui aussi de laisser suffisamment de place au porteur de projet. Tout un équilibre à trouver. Une question de respect mutuel aussi. » Salariée agricole pendant 11 ans, Sarah a toujours voulu être éleveuse. Alors la jeune femme de 28 ans a « saisi l’opportunité de s’installer chez un voisin », suite à son départ à la retraite, sur deux sites en Ille-et-Vilaine à Langan et La Chapelle-Chaussée.
Les repreneurs jouent leur carrière.
Les cédants ont du mal à la laisser derrière eux.
Elle insiste sur l’importance de nouer de bonnes relations avec le cédant, durant le stage et pour après. « Il est content de revenir, je suis contente de le voir. Parfois, il passe juste prendre un café, ça lui fait plaisir que l’exploitation tourne bien. Moi, je n’hésite pas à lui demander conseil, comme dernièrement au sujet des vannes d’eau, pour éviter de faire des erreurs. Quand je suis partie en vacances, j’étais rassurée qu’il soit là. »
« Il ne faut pas une durée trop longue non plus »
En plus de lui faire découvrir sa structure, ses savoir-faire et pratiques, François a présenté, à la jeune éleveuse, les différents partenaires avec lesquels il travaillait. Ce qui a facilité son intégration dans le milieu agricole et le territoire. Certes, il s’est montré d’abord réticent lorsqu’elle a voulu en changer quelques-uns. « Je lui ai expliqué, en prenant des pincettes, que c’était mon projet d’installation agricole, pas le sien. »
Sarah et François ont effectué un parrainage de trois mois. Une bonne durée, juge l’agricultrice : « Ensuite, on risque de se marcher dessus et des tensions peuvent apparaître. » Ainsi, l’exploitant lui a cédé son exploitation « dans la bonne humeur » et elle a pu « vite être autonome » sur la structure.
Elle pointe, par ailleurs, les bénéfices pour le cédant : « Il s’est mis en retrait progressivement. Il m’a accompagné, laissé les rênes un après-midi, puis plus longtemps. Je pense que le stage de parrainage l’a aidé à transmettre, à partir serein. »
Banette, la Prim’Holstein qui a produit 184 909 litres de lait en 14 lactations
La mécanisation sécurise l’entretien des haies bocagères
Laisser le couple mère/veau laitier ensemble la première semaine : ça a du bon !
Sabine et Cédric Lecointe ont investi 200 000 € dans le robot de traite GEA DairyRobot R9500
Prix des engrais : la tendance « clairement orientée à la hausse »
La guerre au Moyen-Orient tend les prix des engrais azotés en Europe
Décision de l'UE sur le Mercosur : au Salon de l'agriculture, on crie à la « trahison »
Guerre en Iran : hausse du gaz, du pétrole et des engrais, quels impacts pour l’agriculture ?
Chez Sébastien Renier, « avoir assez de fourrage pour 155 vêlages, c'est un vrai stress »
Les prix de janvier sont le dernier rempart au recul des marchés